22.12.2017 à 03:13

Argentine4 ans requis contre l'ex-président Menem

Carlos Menem risque une 3e condamnation pour entrave à l'enquête sur un attentat contre le siège des institutions juives.

L'ancien président argentin (1989-1999) Carlos Menem lors d'un précédent procès en 2015. (Photo d'archives)

L'ancien président argentin (1989-1999) Carlos Menem lors d'un précédent procès en 2015. (Photo d'archives)

archive/photo d'illustration, AFP

L'ancien président argentin Carlos Menem (1989-1999) risque une troisième condamnation: le parquet a requis jeudi contre lui une peine de quatre ans de prison, pour avoir fait entrave à l'enquête sur un attentat commis en 1994 à Buenos Aires, contre le siège des institutions juives d'Argentine.

Le 18 juillet 1994 à Buenos Aires, une bombe avait pulvérisé l'immeuble abritant notamment l'Amia (Association mutuelle israélite argentine). Les secouristes retrouveront 85 corps dans les décombres, et 300 blessés. L'attentat n'a jamais été revendiqué, ni élucidé par la justice, mais l'Argentine et Israël accusent Téhéran d'être le commanditaire.

Jeudi, Carlos Menem, 87 ans, est arrivé en fin d'audience au tribunal Comodoro Py de Buenos Aires. Vouté, d'un pas lent mais le regard assuré, il s'est installé sur le banc des accusés et n'a pas fait de déclarations en quittant la salle d'audience. Pendant le procès, Menem est resté énigmatique, disant que s'il parlait «cela pourrait affecter les intérêts de l'Argentine et provoquer la rupture d'une coexistence pacifique» avec d'autres pays.

7 ans pour vente d'armes

Menem a déjà été condamné. En 2013 à sept ans de prison pour vente d'armes à destination de la Croatie et de l'Equateur, malgré un embargo, puis en 2015 à quatre ans et demi de prison pour des versements illégaux à de hauts fonctionnaires. M. Menem bénéficie d'une immunité du fait de son statut de sénateur. Elle le dispense de purger toute peine de prison, mais ne l'empêche pas d'être jugé.

Le ministère public a requis la peine la plus lourde, 13 ans, pour l'ancien juge Juan José Galeano. Se déclarant innocent, Galeano a dit pendant le procès qu'il «avait toujours tenté d'établir la vérité» pour trouver les coupables.

Contre les deux autres poids lourds assis sur le banc des accusés, l'ancien chef des services de renseignement de l'époque, Hugo Anzorreguy, et l'ex-président de la communauté juive, Riben Beraja, le procureur a respectivement requis 6 et un an de prison. Le verdict est attendu pour mars 2018.

Le procureur Miguel Yivoff a déploré jeudi que des pistes aient été écartées, notamment celle connue comme «la piste syrienne», menant au chef d'entreprise Alberto Kanoore Edul. D'après le magistrat, ce dernier a parlé le jour de l'attentat avec Carlos Telleldin, l'ancien propriétaire du véhicule à l'intérieur duquel se trouvait la charge explosive qui a soufflé l'AMIA.

(AFP)

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