Aéroport: 50 000 fr. pour la fausse alerte
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Aéroport50 000 fr. pour la fausse alerte

La police genevoise a fait ses calculs: l’homme qui a fait croire qu’il y avait une bombe dans un avion d’Aeroflot le mois dernier devra passer à la caisse.

par
Valérie Duby
Les 116 passagers du vol d’Aeroflot à destination de Moscou avaient dû être débarqués de l’avion alors que l’appareil se trouvait déjà sur le tarmac.

Les 116 passagers du vol d’Aeroflot à destination de Moscou avaient dû être débarqués de l’avion alors que l’appareil se trouvait déjà sur le tarmac.

Pierre Abensur/Tamedia

Il prend les choses à la légère mais G., 39 ans, va finir par rire jaune. Cet Indien domicilié à Montreux, déjà pas mal empêtré dans les dettes et les ennuis de toutes sortes, va devoir passer à la caisse. La police genevoise va lui envoyer une facture pour les frais engendrés par sa mauvaise plaisanterie.

Le jeudi 13 octobre dernier, G., se rend à l’aéroport de Genève au matin. Il dit que pour ne pas rater son avion – aussi un peu parce qu’il est énervé – il raconte à une employée de la compagnie Aeroflot qu’une bombe se trouve à bord de l’appareil qu’il est censé emprunter, en partance pour Moscou. De la capitale russe, notre homme doit se rendre en Inde, retrouver sa mère et sa famille. Il sera interpellé le jour même à Cointrin et condamné, le lendemain, à 6 mois de prison ferme. Dans une interview accordée au «Matin», G. avait expliqué espérer pouvoir purger sa peine en semi-détention. Rappelons que les 116 passagers de l’avion d’Aeroflot avaient dû être débarqués sur le tarmac, l’appareil fouillé de fond en comble par le NEDEX, le service de déminage.

101 policiers mobilisés

Pour établir sa facture, la police genevoise se base sur l’engagement de 101 policiers, ainsi que cinq à six assistants de sécurité publique. «Il a fallu arrêter l’avion, le fouiller, boucler le secteur, calmer les passagers, cela mobilise vite du monde», constate François Waridel, chef d’état-major de la police genevoise.

«Compte tenu de la période dans laquelle nous vivons, nous devons prendre le maximum de précautions au niveau sécurité. Il s’agit de lever le doute, on ne sait jamais», confie François Waridel, tout en déplorant que ce genre d’événements utilise tant (trop) de moyens. «La police a bien d’autres choses à faire que cela!» poursuit-il.

Mauvaises blagues à répétition

Au mois de juillet dernier, c’est une épouse jalouse, domiciliée à Annecy (F), qui avait mobilisé les forces de l’ordre en affirmant qu’une femme kamikaze allait se présenter dans le secteur français de l’aéroport de Genève le 27 juillet au matin. Comme «Le Matin» l’a révélé, cette dernière va écoper d’une facture de 90 000 francs. La douloureuse n’a toutefois pas encore pu lui être remise pour des raisons purement administratives entre la Suisse et la France. François Waridel a chargé le service juridique de la police de trouver les voies légales les plus rapides pour lui signifier ce qu’elle doit!

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