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Syrie/Irak55 djihadistes ont déjà voyagé hors de Suisse

Le nombre de djihadistes de Suisse a explosé. Le Service de renseignement de la Confédération a recensé 55 départs jusqu'à aujourd'hui contre une vingtaine en mai 2013. Six personnes sont mortes.

Le drapeau djihadiste semble mobiliser nombre de Suisses

Le drapeau djihadiste semble mobiliser nombre de Suisses

AFP

Trente-et-un voyages concernent la Syrie et l'Irak. Les autres, soit 24 cas, sont liés à l'Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et à la Somalie. «Certains de ces voyageurs motivés par le jihad sont encore sur place, certains font la navette dans ces régions et d'autres sont de retour en Suisse», indique ce mercredi 15 octobre Isabelle Graber, porte-parole du Service de renseignement de la Confédération (SRC)..

L'année 2014 est marquée par une nette augmentation du phénomène. Une quarantaine de cas avaient été évoqués lors du dernier bilan présenté en mai dernier. Un chiffre passé à environ 50 le mois passé.

23 départs confirmés

Vingt-trois départs ont été confirmés par deux sources distinctes sur les 55 dénombrés jusqu'à aujourd'hui. Là aussi, une progression se dessine: 14 cas avaient été attestés en mai dernier, et sept en mai 2013.

Sur les 23 voyages confirmés, la Syrie et l'Irak constituent les destinations les plus courantes. Dix-sept cas sont liés à ces deux zones de conflit.

18 de retour en Suisse

Trente-et-une personnes sont en ce moment au front dans les pays concernés, dont 17 observées par deux sources différentes. En revanche, 18 djihadistes sont rentrés en Suisse, soupçonne fortement le SRC. Mais sur ce nombre, seule une personne a été observée par deux sources différentes dans une zone de conflit.

Le Service de renseignement refuse de fournir d'autres indications sur l'identité, l'âge, le sexe, la nationalité ou le domicile de ces résidents. Et de préciser que «les motifs poussant des jeunes à partir dans ces régions sont souvent très personnels. Chaque cas est individuel et la prévention joue ici un rôle capital.»

Incitation sur Internet

L'organe fédéral pointe toutefois «les propos incitant à la violence et au djihad sur les sites Internet». Mis en ligne «par des personnes apparemment domiciliées en Suisse, ils posent un problème toujours plus inquiétant», souligne Isabelle Graber.

Le phénomène prenant de l'importance, le SRC annonce qu'il publiera désormais chaque mois «le nombre des voyageurs motivés par le djihad qui, partis de Suisse, ont été ou sont actuellement dans des zones de conflits». Et ce afin d'informer le public, ajoute Mme Graber, qui précise qu'une collaboration «étroite» avec les autorités fédérales et cantonales se poursuit.

Nouvelle loi en jeu

Dans la foulée, le SRC appelle de ses vœux l'introduction de «la nouvelle loi actuellement en discussion» au Parlement. Si ce texte est accepté, il donnera à l'organe fédéral des possibilités supplémentaires «telle que par exemple, la surveillance de lieux privés et d'ordinateurs.» Cette loi a ses opposants.

Pour mémoire, le groupe Etat islamique (EI) et les organisations apparentées sont interdites en Suisse depuis la semaine passée. Le Conseil fédéral a approuvé à cette fin une ordonnance d'une validité de six mois. Toutes les actions destinées à leur apporter un soutien financier, en matériel ou en personnel en Suisse ou à l'étranger, ou le recrutement de nouveaux membres, sont proscrites.

Les infractions sont passibles d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. En outre, le Ministère public de la Confédération enquête actuellement sur une vingtaine de cas en lien avec le djihad.

(ats)

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