Royaume-Uni – Âgé de 150 ans, le Parlement britannique tombe en décrépitude
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Royaume-UniÂgé de 150 ans, le Parlement britannique tombe en décrépitude

La colossale rénovation du palais de Westminster, bâtisse ayant le plus vieil éclairage au gaz du monde, est débattue de longue date et devrait être décidée d’ici 2023.

Le parlement britannique à Londres.

Le parlement britannique à Londres.

REUTERS

«Il se délabre plus vite qu’il ne peut être réparé»: avant une rénovation en profondeur qui se fait attendre, des milliers de défaillances ont été répertoriées au bâtiment du Parlement britannique, de plafonds fissurés à une électricité vétuste.

Après des années d’indécision, les parlementaires devront se prononcer en 2023 sur les colossaux travaux de rénovation du palais de Westminster, majestueux bâtiment néogothique au coeur de Londres dominé par Big Ben et déployé le long de la Tamise, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

Estimée à au moins 4 milliards de livres (près de 5 milliards d’euros), la rénovation est débattue de longue date sans jamais avoir été concrétisée, au vu de son coût faramineux et de son ampleur.

Pour préparer le terrain, plus de 50 ingénieurs, architectes, géomètres, experts acoustiques ou encore éclairagistes ont récemment passé quelque 4700 heures combinées à examiner à la loupe le bâtiment vieux de plus de 150 ans, ses plus de 1100 pièces et ses cinq kilomètres de couloir, d’une superficie équivalant à 16 terrains de football.

Ils ont ainsi commencé à établir la cartographie «la plus détaillée jamais créée» du complexe, ont indiqué vendredi les services du Parlement dans un communiqué vendredi.

Le bilan de santé est mauvais et les problèmes se comptent par milliers: des murs qui s’effritent, des vitraux vieillissants de l’ère victorienne qui s’affaissent, des dégâts des eaux étendus, des entrelacs de conduites de gaz ou de câbles électriques vétustes en sous-sol, etc.

Eclairage au gaz

Le palais de Westminster pourrait aussi receler le système d’éclairage au gaz le plus vieux au monde toujours en usage, selon le communiqué, tandis qu’ont également été examinés des lustres ayant survécu à l’incendie qui avait ravagé une grande partie du palais en 1834.

«Le palais de Westminster est l’un des bâtiments les plus aimés et connus au monde, mais en dépit d’un programme de travaux de maintenance, il se délabre plus rapidement qu’il ne peut être réparé», ont indiqué les services du Parlement, insistant sur l’urgence d’une restauration en profondeur.

En tout, plus de 40’000 défaillances ont été signalées depuis 2017 au sein du bâtiment de quatre étages en pierre de taille couleur sable. Sa maintenance et les projets en cours ont coûté 127 millions de livres (150 millions d’euros) en 2019, plus du double que trois ans auparavant.

«Ce bâtiment nécessite un niveau considérable de soins pour lui permettre de continuer à fonctionner ainsi qu’un programme de rénovation essentiel», a commenté Jacob Rees-Mogg, chargé au sein du gouvernement des relations avec la Chambre des Communes, la chambre basse du Parlement. «Nous devons pouvoir justifier ce projet auprès des contribuables», a-t-il ajouté.

Sujet à un risque grave d’incendie, d’inondation ou de chute de pierre, le palais de Westminster n’a pas connu de rénovation de ses installations électriques comme de ses systèmes d’évacuation d’eau depuis sa reconstruction au milieu des années 1800 par l’architecte Charles Barry, après l’incendie. Il renferme aussi beaucoup d’amiante.

L’état des lieux du complexe se poursuivra dans les mois à venir, et se concentrera notamment sur la structure du bâtiment.

Si la rénovation du palais de Westminster se fait désirer, elle est en cours depuis 2017 pour la tour Elizabeth qui, recouverte d’échafaudages, abrite l’énorme cloche Big Ben, pour un coût qui a explosé à près de 80 millions de livres (100 millions de francs).

Les travaux devraient s’achever en 2022. En attendant, la cloche ne sort de son silence qu’à de rares occasions, comme pour marquer la rupture du Royaume-Uni avec l’Union européenne le 31 décembre 2020, au terme d’une période de transition post-Brexit.

(AFP)

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