France: À Aubervilliers, la police évacue plus de 1500 migrants
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FranceÀ Aubervilliers, la police évacue plus de 1500 migrants

Le grand campement de migrants au bord du Canal de Saint-Denis a été démantelé par les forces de l’ordre pour «des raisons sanitaires».

Le campement de fortune, où plus de 800 tentes étaient installées, est majoritairement constitué d’hommes seuls, originaires de la Corne de l'Afrique ou d’Afghanistan. (image d’illustration)

Le campement de fortune, où plus de 800 tentes étaient installées, est majoritairement constitué d’hommes seuls, originaires de la Corne de l'Afrique ou d’Afghanistan. (image d’illustration)

Keystone

Les forces de l’ordre évacuaient ce mercredi matin le vaste campement de migrants situé au bord du Canal de Saint-Denis à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) où plus de 1500 personnes s’étaient progressivement installées ces dernières semaines, a annoncé la préfecture de police.

Risque sanitaire invoqué

L’opération d’évacuation et de mise à l’abri des migrants vers différents centres d’hébergement et gymnases d’Ile-de-France a débuté peu après 4H00, a indiqué la préfecture qui a invoqué notamment le risque sanitaire pour justifier l’évacuation.

«Cette opération est la suite logique de toutes celles que nous avons conduites déjà depuis plusieurs mois», a déclaré à la presse le préfet de police de Paris Didier Lallement, présent sur place, précisant que près de 1’500 personnes seront mises à l'abri.

«Je souhaitais évacuer les campements qui étaient en périphérie de Paris et faire en sorte que sur l’ensemble du secteur de la police de Paris et des trois départements limitrophes ne se regroupent pas dans des camps» les migrants, a-t-il ajouté.

Campement de 800 tentes

Au bord du canal de Saint-Denis de nombreuses personnes attendaient d’être prises en charge par des bus, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le campement de fortune, où plus de 800 tentes étaient installées, est majoritairement constitué d’hommes seuls, originaires de la Corne de l'Afrique ou d’Afghanistan. Beaucoup sont auparavant passés par d’autres campements à Paris, successivement démantelés, mais qui se recréent un peu plus loin, en banlieue nord.

«Les gens sont épuisés, pour certains c'est la dixième évacuation, ils savent qu'ils vont se retrouver dans des gymnases et la moitié va se retrouver dès ce soir à la rue», regrette Silvana Gaeta du collectif Solidarité Migrants Wilson.

«La vie est difficile en France»

Pour Alalisad, Somalien de 32 ans, connaît sa cinquième évacuation: «Je ne comprends pas, ils viennent nous chercher, nous mettent dans des hôtels pendant trois mois et puis après on revient dans la rue. Je ne comprends pas pourquoi le gouvernement français gaspille autant d'argent en nous mettant dans des hôtels au lieu de nous donner un hébergement sur le long terme», se demande t-il, avec son sac à dos pour seul bagage.

Après avoir longuement hésité, Ismaël Fatah attend patiemment d'embarquer dans un bus. «C'est la quatrième fois que je suis dans un camp, la vie est difficile en France, je m'attendais pas à cet accueil. Mon pays est en guerre, je n'ai pas le choix d'être là», explique ce jeune père de famille de 29 ans, originaire du Soudan et dont le fils est né en France.

(ATS/NXP)

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