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SanctionsA Berlin puis Paris, Poutine reste ferme sur la Syrie

Le président russe est resté ferme sur ses positions sur la Syrie, écartant de nouveau toute sanction de l'ONU contre le régime de Bachar al-Assad de même que le départ du dirigeant syrien.

Poutine campe sur ses positions concernant la Syrie.

Poutine campe sur ses positions concernant la Syrie.

AFP

Vladimir Poutine a partagé avec la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande les craintes de voir la Syrie sombrer dans la guerre civile, usant souvent d'un ton modéré. Mais sur le fond, la Russie, principale alliée de Damas, n'a pas infléchi sa politique.

«Les sanctions sont loin d'être toujours efficaces», a-t-il ainsi déclaré, répondant au cours d'une conférence de presse commune à François Hollande qui souhaite que le Conseil de sécurité de l'ONU puisse se prononcer sur des sanctions pour exercer une pression sur le régime de Damas et forcer une solution politique.

Depuis plus d'un an, la Russie et la Chine, qui disposent d'un droit de véto au Conseil de sécurité, y ont bloqué toute action résolue sur le dossier syrien.

Il n'y a «de sortie de cette situation qu'avec le départ de Bachar al-Assad», a insisté François Hollande, estimant qu'il s'agissait d'»un préalable pour la transition politique».

Première rencontre

Sur ce thème aussi, il s'est heurté à une fin de non-recevoir du dirigeant russe. «Si on écarte du pouvoir le président en exercice, est-ce que vous croyez qu'il y aura un bonheur total dans ce pays ?», s'est-il interrogé.

Vladimir Poutine, qui a entamé le 7 mai un troisième mandat de président après ceux de 2000 à 2008, avait retrouvé son homologue français, élu le 6 mai, pour un entretien et un dîner de travail à l'Elysée. Après une étape à Berlin, il s'agissait de la première rencontre entre les deux hommes.

Moins de dissonances à Berlin

A Berlin, avec la chancelière allemande, Vladimir Poutine avait partagé en grande partie l'analyse de la situation syrienne: nécessité d'une «solution politique» en Syrie et risque que la crise ne dégénère en une guerre civile.

«Aujourd'hui nous voyons des éléments précurseurs d'une guerre civile. C'est extrêmement dangereux», a-t-il dit.

A Berlin, le président russe a insisté sur le fait que, selon lui, aucune solution à la crise syrienne ne pourra être obtenue «par la force». Une façon de répondre à François Hollande qui, mardi dernier, n'avait pas écarté une intervention militaire dans le cadre de l'ONU.

Sur ce point, la position française est sensiblement différente de celle de l'Allemagne qui, à plusieurs reprises, a rejeté l'usage de la force contre le régime de Bachar al-sAssad.

Face à la «situation très difficile de la Syrie», Mme Merkel a assuré qu'il fallait tout faire pour que le plan de paix du médiateur international Kofi Annan soit appliqué «et, le cas échéant, élargi». «Nous devons tout faire pour empêcher qu'on en vienne à une guerre civile», a-t-elle souligné.

Washington pointe du doigt Moscou

La position russe commence cependant à agacer les Américains. Jeudi, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a directement mis en cause Moscou en estimant que sa politique de soutien indéfectible à Assad allait «contribuer à une guerre civile».

«Nous savons qu'il y a eu des ventes d'armes très régulières, même pendant l'année dernière, de la Russie à la Syrie. Nous pensons aussi que la fourniture d'armes en continu par la Russie a renforcé le régime d'Assad», a-t-elle ajouté vendredi, en déplacement à Oslo.

«La Russie ne fournit pas les armes qui pourraient être utilisées dans une guerre civile», a répliqué Vladimir Poutine à Berlin.

(ats/afp)

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