19.11.2020 à 06:51

PrédateursÀ Berne, le loup reste dans la ligne de mire

Après le refus de la loi sur la chasse, la discussion sur l’avenir du loup repart sur d’autres bases à Berne, mais les camps restent tranchés.

von
Eric Felley
Le peuple suisse a sauvé le loup des tirs préventifs, mais pour combien de temps?

Le peuple suisse a sauvé le loup des tirs préventifs, mais pour combien de temps?

Getty Images/iStockphoto

Après le refus de la modification de loi sur la chasse le 27 septembre par 51,9%, la Commission de l’environnement de l’aménagement du territoire et de l’énergie du Conseil national (CEATE) a repris le sujet. C’est à l’initiative des opposants à cette loi que ses membres ont acceptée de justesse de reprendre le dossier et de lui apporter une touche plus en harmonie avec le vote du peuple. «Cette initiative est venue des opposants, explique Christophe Clivaz (Verts/VS), car nous ne contestons pas le besoin d’actions pour la protection des troupeaux, comme nous l’avons dit dans la campagne».

Le sujet reste clivant et l’initiative n’a passé que pour une voix: 12 à 11 et deux abstentions. Elle prévoit une régulation «pragmatique» du loup, avec un renforcement de la protection des moutons et autres animaux de rente. Mais elle évoque aussi une protection plus étendue des espèces menacées comme le tétras-lyre, le lagopède ou le lièvre. Enfin la question de la biodiversité est bien présente avec le renforcement des corridors faunistiques et des zones de protection de la nature.

Concernant spécifiquement le loup, la CEATE a déposé, à l’unanimité cette fois, une motion qui lui est spécifiquement consacrée. La commission constate: «La population de loups augmente de manière exponentielle: pendant la seule période allant de la fin de l’année 2019 à l’automne 2020, on estime qu’elle est passée de 80 à 100 individus. Une telle augmentation exacerbe les conflits avec les milieux agricoles. Quant au tourisme, il doit faire face à un nombre toujours croissant de restrictions dues aux mesures de protection des troupeaux. Enfin, il arrive de plus en plus fréquemment que des loups s’aventurent dans les zones habitées.»

L’enjeu des tirs préventifs

La motion charge le Conseil fédéral d’intervenir le plus rapidement possible, en 2021, avec «la marge de manœuvre que lui confère la loi sur la chasse pour créer les conditions nécessaires à une cohabitation réglementée entre l’homme, les grands prédateurs et les animaux de rente en procédant aux modifications requises au niveau de l’ordonnance et des dispositions d’exécution».

Comme on le constate, la problématique du loup à Berne ne s’est de loin pas éteinte avec le refus de la loi sur la chasse: «La législation actuelle ne laisse pas de grandes marges de manœuvre au Conseil fédéral, constate le Valaisan Le grand enjeu des discussions futures sur le loup, c’est l’acceptation ou non de tirs préventifs. Est-ce qu’un loup peut-être tiré avant même d’avoir causé des dommages? Aujourd’hui, avec une dizaine de meutes et une centaine de loups en Suisse, la situation est devenue plus compliquée».

Cette possibilité figurait dans la loi sur la chasse qui a été refusée. Nul doute, que les représentants des cantons alpins, qui ont plébiscité la loi, vont revenir avec de nouvelles munitions.

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23 commentaires
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aaaahooooooou

19.11.2020 à 10:41

j adore le loup sur le col de mon manteau super chaud et agréable calmez vous c est pas un loup suisse !!!!! faut bien que les trappeurs russe puisse manger

Un observateur.

19.11.2020 à 10:14

Voyons si ce commentaire sera publié: Il semblerait que l'on attende qu'une personne (femme, enfant, homme), soit attaqué et dévoré pour que certains se rendent compte que toutes les légendes ne sont pas fausses et ont souvent un fond de vérité. La vie n'est pas un film de Walt-Disney.

claralisa

19.11.2020 à 10:07

Ne peut-on pas ficher la paix à ces pauvres loups en cette période bien morose