Suisse: A Berne, un pense-bête pour les dragueurs!

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SuisseA Berne, un pense-bête pour les dragueurs!

A la suite de l'affaire Buttet, le Parlement distribue un code de bonne conduite. Il rappelle la différence entre «le flirt» et le harcèlement sexuel...

par
Eric Felley
A l'ouverture de la séance ce matin, tous les parlementaires ont reçu un guide de bonne conduite. (Photo d'illustration)

A l'ouverture de la séance ce matin, tous les parlementaires ont reçu un guide de bonne conduite. (Photo d'illustration)

Le Matin/Capture écran

À l'ouverture de la séance ce matin, tous les parlementaires ont reçu un guide de bonne conduite. L'affaire Buttet révélée au début de la session et les déclarations de Céline Amaudruz et de ses collègues UDC ont créé un climat quelque peu délétère sous la Coupole fédérale. La délégation administrative de l'Assemblée fédérale a donc distribué une directive où il est rappelé que le harcèlement sexuel n'a pas sa place au Parlement.

Afin de se faire bien comprendre, la délégation, dont fait partie le président du Conseil national Dominique de Buman (PDC/FR) et la présidente du Conseil des Etats Karin Keller-Sutter (PLR/SG), rappelle les différences entre le «flirt» et le harcèlement sexuel. Où se situe la frontière? D'une manière un peu scolaire les parlementaires ont droit à une piqûre de rappel:

Le «flirt»:

- est une évolution réciproque - est constructif - est souhaité par les deux personnes - renforce l'estime de soi - est source de joie - respecte les limites personnelles

Le harcèlement sexuel:

- est un rapprochement unilatéral - est dégradant, blessant - n'est pas souhaité par une personne - mine l'estime de soi - est source d'agacement - viole les limites personnelles

La délégation a aussi fait appel à une «structure spécialisée indépendante», basée à Berne et Zurich, à laquelle elle a confié un mandat. Il s'agit d'une société de conseil hors Parlement que tout(e) élu(e) pourra solliciter de manière confidentielle en cas de problème de ce type.

Pour la conseillère aux États Géraldine Savary (PS/VD), ce guide de bonne conduite, même si certaines formulations peuvent faire sourire les vieux briscards du Palais, est le bienvenu: «Ce sont peut-être des banalités, mais certains ont besoin qu'on les leur rappelle. C'est comme rappeler que manger des pommes c'est bon pour la santé.... Il y avait le besoin de repréciser les choses pour tout le monde. Cela dit, 90 % des hommes se comportent correctement».

Pour Mathias Reynard (PS/VS): «L'aspect positif est que cela montre que le Parlement prend le problème au sérieux et entend lutter contre le sexisme et le harcèlement sexuel. La mise en place d'une structure extérieure est aussi une très bonne chose. Maintenant il ne faudrait pas qu'on se dise que l'essentiel est fait. Il y a encore des mesures politiques à prendre pour répondre à cette question d'une manière générale et pas seulement au Parlement.»

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