Coronavirus en Suisse: À bout, le secteur de la santé exige des mesures drastiques
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Coronavirus en SuisseÀ bout, le secteur de la santé exige des mesures drastiques

Un cri d’alarme est lancé par H+ Les Hôpitaux de Suisse, Curaviva et l’Aide et soins à domicile qui nécessitent urgemment de meilleures conditions de travail.

Les soignants demandent des mesures pour contenir l’épidémie, indique le SSP alémanique. Du côté romand, le Syndicat des services publics appelle à une amélioration urgente de leurs conditions de travail (archives).

Les soignants demandent des mesures pour contenir l’épidémie, indique le SSP alémanique. Du côté romand, le Syndicat des services publics appelle à une amélioration urgente de leurs conditions de travail (archives).

KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

Pour le personnel des hôpitaux, des foyers et des soins à domicile, la situation actuelle due à la pandémie de coronavirus est mentalement et physiquement éprouvante. Ils exigent une amélioration de leurs conditions de travail et des mesures pour contenir l’épidémie.

Le personnel de santé appelle à des mesures immédiates, drastiques et coordonnées. Ces mesures doivent être prises pour garantir que la situation dans les hôpitaux et les maisons de retraite reste gérable, écrit dans un communiqué ce mercredi le Syndicat des services publics alémanique (VPOD).

Ce cri d’alarme fait écho à l’appel lancé le même jour par les organisations patronales du secteur de la santé, dont H+ Les Hôpitaux de Suisse, Curaviva et l’Aide et soins à domicile. Ces entités nationales demandent aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour faire baisser les nombres de cas et à la population de les respecter, sinon «le système de santé risque de s’effondrer.»

Le nombre croissant de cas entraîne une vague de décès dans les maisons de retraite et à la saturation des unités de soins intensifs, insiste le VPOD. Les travailleurs de la santé sont épuisés, souffrent du manque de personnel, de bas salaires et d’une protection sanitaire insuffisante.

Soignants infectés au travail

Au lieu de prendre des pauses et des périodes de repos, des employés en quarantaine ou infectés sont appelés par certains employeurs afin de pallier la pénurie de personnel. Ces procédés illégaux font courir au personnel et aux résidents des risques d’infection irresponsables, selon le communiqué de presse.

Des pratiques également dénoncées par le Syndicat des services publics romand (SSP). Dans un communiqué également envoyé mercredi, celui-ci s’inquiète particulièrement des conditions de travail des soignants.

Pendant la semaine de protestation d’octobre, des revendications claires ont été formulées sans qu’aucun signe d’amélioration n’ait été constaté. Les applaudissements ne suffisent pas, les soignants épuisés demandent du soutien, souligne le syndicat.

Disparités régionales

Si les demandes sont en grande partie les mêmes en Suisse alémanique et romande, les priorités des syndicats diffèrent légèrement. «Le contexte est différent, y compris pour les soignants. En Suisse romande, le coronavirus a mis le personnel de santé sous pression depuis le début. Les cantons romands ont déjà mis en en place des mesures depuis plus d’un mois pour contenir l’épidémie, contre vendredi passé en Suisse alémanique», explique par téléphone Beatriz Rosende, secrétaire secteur santé au SSP.

Au niveau national, le syndicat dénonce la concurrence des hôpitaux qui a conduit à un refus d’accueillir des patients Covid par les régions épargnées en octobre. Il demande un financement extraordinaire du secteur de la santé pour faire face à la pandémie et à la fin du financement hospitalier selon le principe des forfaits par cas.

(ATS/NXP)

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