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AttaquesA bout, Mark Muller démissionne

Le magistrat libéral-radical ne supporte plus les attaques incessantes dont il est l’objet. Il a annoncé lundi sa démission.

La démission de Mark Muller prendra effet mercredi.

La démission de Mark Muller prendra effet mercredi.

Keystone

Le conseiller d’Etat genevois Mark Muller a annoncé lundi sa démission, car il ne supporte plus les attaques incessantes dont il est l’objet depuis plus d’une année. La succession du magistrat PLR, qui quittera ses fonctions mercredi, paraît très ouverte.

Mark Muller, placé sous les feux de l’actualité depuis le début de l’année après sa violente altercation avec un barman d’un dancing, a finalement craqué. Il dit quitter le gouvernement pour préserver «sa santé et ses proches», soulignant que le harcèlement qu’il subit ne lui permet plus d’accomplir correctement son travail.

Le conseiller d’Etat estime n’avoir rien à se reprocher. Il rejette les accusations de mensonges qui ont fleuri dans l’affaire du Moulin à Danse (MàD), affirmant avoir dit toute la vérité dans ses déclarations. Le magistrat constate simplement que «certains ne seront jamais satisfaits des réponses qui pourraient être données».

Dénouement logique

Pour la classe politique, la démission de Mark Muller semble un dénouement logique. «Elle marque la fin d’un épisode assez malheureux de la politique genevoise», déplore le président des Verts Yvan Rochat. «Il s’agit d’une sage décision», relève le patron du Mouvement citoyens genevois (MCG) Eric Stauffer.

Après avoir perdu toute sa crédibilité, Mark Muller n’avait pas d’autre issue, commente la présidente de l’UDC Genève, Céline Amaudruz. «Sa situation était intenable», souligne pour sa part la secrétaire générale du PDC Sophie Buchs.

«La décision était inéluctable», conclut le président des socialistes René Longet. La course à la succession de Mark Muller est désormais ouverte. Pour le parti libéral-radical (PLR), qui a dû déjà gérer la démission en plein mandat du procureur général Daniel Zappelli et faire face aux critiques qui se sont abattues sur sa conseillère d’Etat Isabel Rochat dans son bras-de-fer avec la police, le coup est rude.

Délicat pour le PLR

Le PLR, qui dispose de trois sièges au gouvernement genevois, tentera vraisemblablement de préserver sa position dominante au sein de l’exécutif. La campagne s’annonce toutefois difficile pour un parti à l’image écornée et en perte de vitesse du point de vue électoral. Le fondateur du MCG Eric Stauffer est pour sa part déjà en campagne.

S’il est élu, il ne compte pas prendre la place laissée vacante par Mark Muller à la tête du département des constructions et des technologies de l’information (DCTI), mais s’occuper du département de la sécurité, de la police et de l’environnement.

«Je suis prêt à mettre en jeu ma carrière sur les 16 mois» qui restent jusqu’à l’élection générale du Conseil d’Etat de 2013, souligne Eric Stauffer. Les socialistes, de leur côté, vont présenter un candidat afin de récupérer le siège qu’ils avaient perdu il y a deux ans au sein de l’exécutif.

Une succession d’affaires

Mark Muller s’est retrouvé au centre de plusieurs polémiques ces derniers mois. Il a tout d’abord été épinglé par la Cour des comptes pour des dysfonctionnements constatés au sein de la gérance immobilière de l’Etat, qui loue depuis des années de spacieuses villas à des prix d’amis.

Le conseiller d’Etat a ensuite fait scandale avec son sept pièces au centre-ville loué 1800 francs par mois, alors que les Genevois ont toutes les peines du monde à trouver des logements abordables. L’agression d’un barman d’un dancing à la Saint-Sylvestre s’est finalement révélée être l’affaire de trop pour Mark Muller.

(ats)

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