Euro 2020 - A Bucarest, c'est déjà le monde d'avant, mais après
Publié

Euro 2020A Bucarest, c'est déjà le monde d'avant, mais après

La capitale roumaine, théâtre du 8e de finale de l'Euro entre la Suisse et la France, semble s'être bien éloignée du temps pandémique en très peu de temps…

par
Robin Carrel
(Bucarest)
Les masques, c’était avant.

Les masques, c’était avant.

DR

Les supporters suisses qui débarqueront à Bucarest dans les prochaines heures vont, comme au pays d'ailleurs, avoir un petit goût du monde d'avant. Il y a quelques jours, ceux qui avaient fait le déplacement de Rome devaient porter le masque à l'extérieur, en ville, malgré les quelque 33 degrés. En Roumanie, ce n'est qu'un vieux souvenir... Même s'il est obligatoire d'en porter dans les endroits clos et les places extérieures à forte fréquentation. Enfin, ça, c'est ce que dit la loi.

Jeudi, dans toute la Roumanie, on a dénombré 65 cas de Covid-19. En moyenne sur 7 jours, ce sont 55 malades qui ont été décomptés toutes les 24 heures. Ce pays d'un peu moins de 20 millions d'habitants a recensé 1,08 million de cas de nouveau coronavirus depuis le début de l'année dernière et déploré 32'911 décès. 22,8% de la population roumaine a d'ores et déjà été totalement vaccinée. On y pique d’ailleurs à la louche, même dans un drive-in devant l’ancien et si hallucinant palais voulu par Nicolae Ceausescu

Un des rares signes de l’Euro à Bucarest.

Un des rares signes de l’Euro à Bucarest.

DR

Dans la ville de Bucarest, on se lâche comme «avant». Les touristes - notamment les Britanniques très friands des prix, des pubs et d'autres attraits pas vraiment culturels de la contrée - ne sont pas encore revenus en masse. Du coup, la jeunesse locale et quelques Européens venus en goguette ont tout loisir de profiter de la beauté de la ville en évitant la foule et les charters d’Anglais habituels. Les fans de foot, eux, y sont en large minorité.

La Rue Lipscani, que tout bon fêtard doit avoir visité un jour (ou plutôt la nuit), fait toutefois déjà recette. Les terrasses y sont bondées, des demoiselles se déhanchent sur des tables pour appâter le chaland, on n'y porte le masque nulle part, pas même à l'intérieur, où on fume d'ailleurs allégrement autour de tables de dix personnes au moins. Les gestes barrières y sont, comment dire... respectés de manière fortement aléatoire.

Les bars sont censés fermer à minuit, mais certaines terrasses prennent de longues latitudes avec les décisions politiques et quelques échoppes un peu moins officielles reculent le «couvre-feu» de quelques heures. Les discothèques, elles, sont paraît-il accessibles aux vaccinés sans restrictions. On ne va pas vous cacher qu'on n'est pas allé (encore?) constater ça de visu.

Où ça, des masques?

Où ça, des masques?

DR

L'Arène nationale de Bucarest accueillera 50% de sa capacité habituelle ce lundi. Les détenteurs d'un passeport suisse ont la possibilité d'acheter 1500 billets sur les quelque 26'900 qui seront disponibles. Les Français, qui étaient plus de 7000 supporters à Budapest pour la partie contre le Portugal, en ont reçu autant que les Helvètes.

Lors de la phase de poules, aucune rencontre n'avait fait le plein, jusqu'ici, dans la capitale roumaine, alors que la jauge était fixée à 25% du nombre de places dans le stade. Il faut dire qu’il y a plus sexy que des matches comme Autriche-Macédoine du Nord (9082 spectateurs), Ukraine-Macédoine du Nord (10’001), puis Autriche-Ukraine (10’472), quand le salaire minimal local dépasse à peine les 500 francs suisses par mois.

Pour les fans suisses, il n'y a qu'un vol direct depuis Zurich dimanche, deux le lendemain, et tous à plus de 500 francs l'aller-retour. Sinon, il faudra passer par une escale à Vienne ou ailleurs. En voiture? Il faudra avaler les 1798 km en environ 18 heures, le tout sans arrêt pipi. C'est toujours mieux que les trente heures de train en passant par Munich, Vienne, Budapest et Timisoara... Par contre, aucun test PCR n'est nécessaire, c'est toujours ça de pris en temps et en argent.

Votre opinion