11.01.2018 à 12:59

DIPLOMATIEA Davos, Trump fera le spectacle

Annoncé au Forum économique mondial, le président américain a surpris le monde politique suisse. Pour plusieurs élus, il cherche la lumière sur la scène internationale.

par
Eric Felley
Le président US attendu à Davos, c’est l’organisation de la sécurité autour du Forum économique qui va être chamboulée. Une pétition contre la venue du président américain avait récolté 2500 signatures hier après-midi.

Le président US attendu à Davos, c’est l’organisation de la sécurité autour du Forum économique qui va être chamboulée. Une pétition contre la venue du président américain avait récolté 2500 signatures hier après-midi.

«La Suisse a pour vocation de servir l’ordre du monde…» Pour le conseiller national Yves Nidegger (UDC/GE), membre de la Commission de politique extérieure du National (CPE), la venue de Donald Trump à Davos confirme l’importance du World Economic Forum (WEF, Forum économique mondial, en français): «l’équivalent de l’ONU pour les questions économiques…»

Les membres de la CPE y tiennent habituellement une séance. «Que l’on soit pour ou contre le WEF, ajoute son collègue Manuel Tornare (PS/GE), cela montre que le rendez-vous est vraiment incontournable.» Le président français, Emmanuel Macron, a déjà annoncé qu’il y sera le 24 janvier. Ce pourrait être la date que choisira également le chef de la Maison-Blanche.

Rencontre avec Berset

Pour la Berne fédérale, la semaine du WEF, du 22 au 26 janvier, va être chamboulée. «Les contacts entre autorités américaines et suisses ont été établis pour définir le cadre de cette visite», précisait hier le porte-parole du Conseil fédéral, André Simonazzi, rappelant que le président, Alain Berset, était disposé à rencontrer son homologue. Pour Carlo Sommaruga (PS/GE), «cela montre que Donald Trump fonctionne comme un chef d’entreprise, qui dicte ses ordres au dernier moment». Bill Clinton, le seul président américain à s’être rendu au WEF en 2000, avait annoncé sa venue quelques mois avant.

Selon la porte-parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders, «le président salue l’opportunité de présenter son programme «l’Amérique d’abord» auprès des dirigeants du monde entier». À l’époque, Bill Clinton avait fait un plaidoyer en faveur du libre-échange. Donald Trump prône, lui, une politique plus protectionniste, moins en phase avec les principes du WEF. Alors pourquoi vient-il? «Je pense qu’il a besoin de sortir de son isolement, fait remarquer Manuel Tornare. Son attitude depuis son élection l’a finalement isolé sur la scène internationale.»

Après Xi Jinping

Yves Nidegger estime que le président n’est pas aussi antilibéral qu’il y paraît: «Du point de vue économique, il tente de rééquilibrer la balance commerciale des États-Unis avec la Chine. Pour créer de l’emploi américain, cela me paraît raisonnable.» L’année dernière, la «star» du Forum de Davos avait été le président chinois, Xi Jinping. Lors de son discours d’ouverture, il avait dénoncé un retour aux barrières douanières: «Toute tentative de stopper les échanges de capitaux, de technologies et de produits entre pays est impossible et à rebours de l’histoire.»

Carlo Sommaruga voit dans la présence de Donald Trump l’occasion de lui répondre: «Il vient pour dire qu’il est le plus fort, c’est son côté matamore. Il voit que les grands joueurs économiques et politiques sont à Davos, et il veut que la lumière soit aussi sur lui.»

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