Incendies dans l’Ouest américain: À Estacada, la désolation et la peur des pillages
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Incendies dans l’Ouest américainÀ Estacada, la désolation et la peur des pillages

Les habitants ayant fui les incendies dans l’Oregon tentent de retrouver quelques objets personnels tout en décourageant les pilleurs.

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Le «Glass Fire», qui s’est déclaré dimanche, n’était contenu qu’à 2% mercredi après avoir déjà parcouru quelque 20’000 hectares de végétation.

Le «Glass Fire», qui s’est déclaré dimanche, n’était contenu qu’à 2% mercredi après avoir déjà parcouru quelque 20’000 hectares de végétation.

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La surface brûlée par l’incendie baptisé «Glass Fire», qui s’est déclaré dimanche au cœur d’une des plus prestigieuses zones viticoles des États-Unis, a triplé en l’espace de 24 heures pour atteindre 17’000 hectares mardi matin. (Mardi 29 septembre 2020)

La surface brûlée par l’incendie baptisé «Glass Fire», qui s’est déclaré dimanche au cœur d’une des plus prestigieuses zones viticoles des États-Unis, a triplé en l’espace de 24 heures pour atteindre 17’000 hectares mardi matin. (Mardi 29 septembre 2020)

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Plus au nord que le comté de Napa, dans une zone boisée et escarpée du comté de Shasta, le «Zogg Fire», qui s’est lui aussi déclaré dimanche, a fait trois morts et continuait à se propager lundi soir. (Mardi 29 septembre 2020)

Plus au nord que le comté de Napa, dans une zone boisée et escarpée du comté de Shasta, le «Zogg Fire», qui s’est lui aussi déclaré dimanche, a fait trois morts et continuait à se propager lundi soir. (Mardi 29 septembre 2020)

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«C’est juste du matériel. Il faut aller de l’avant»: au bord des larmes, Margi Wyatt tente de faire bonne figure en regardant la carcasse calcinée de son mobile homes, avalé par l’un des incendies qui font rage dans le nord de l’Oregon, dans l’Ouest américain.

Mardi soir, elle a dû fuir en urgence son logement du Clackamas River RV Park, à Estacada, à une cinquantaine de kilomètres au sud-est de Portland, face à l’avancée du Riverside Fire. Le feu a fait des dégâts importants mais très localisés sur ce site installé sur une colline boisée, en bord de route.

Ce qu’il reste d’Estacada, dans l’Oregon, le 12 septembre 2020.

Ce qu’il reste d’Estacada, dans l’Oregon, le 12 septembre 2020.

AFP

Dans la rangée de Margi Wyatt, tous les mobile home ont été détruits. Dix mètres plus loin, tout est intact, alors que la colline ravagée par les flammes fume encore. Dans les décombres, elle cherche avec son mari, Marcelino Maceda, à récupérer ce qui peut l’être. Mais il ne reste pas grand-chose sous les cendres: une montre dont le cadran a fondu, un bracelet à moitié brûlé, une bague… «La police a frappé à la porte, nous a dit de faire nos bagages et de partir», se rappelle-t-elle. «J’ai rassemblé tout ce que j’ai pu en vingt minutes: de l’argent, des papiers importants, des bijoux. Le reste est encore ici».

«Le phénix renaît de ses cendres»

Mais cette aide-soignante à la retraite se veut philosophe. «C’est juste du matériel. Il faut aller de l’avant et on va s’en sortir. Comme disent les Indiens, le phénix renaît de ses cendres», assure-t-elle, soulagée qu’il n’y ait eu aucune victime.

Le couple avait choisi de s’installer ici il y a deux ans, mais pour Margi Wyatt, c’est désormais du passé. «Je ne veux pas revenir. Ce sont des maisons en plastique. La prochaine sera en dur», dit cette femme de 70 ans qui veut «fermer ce chapitre» de sa vie.

D’autres se sont réinstallés dès que l’ordre d’évacuation a été levé et une bonne partie du site était occupée samedi. À dix kilomètres plus au nord, le centre d’Estacada est noyé dans un épais brouillard de fumée. Une petite partie des 3500 habitants de la ville est revenue malgré l’air vicié. Certains organisent des rondes en voiture pour empêcher d’éventuels pillages.

Matt Watts, 37 ans, fait le guet devant chez lui pour décourager les pilleurs, fusil semi-automatique en bandoulière et pistolet à la ceinture. «Je n’entendais que des histoires de pillages et d’incendies criminels sur mon scanner et, comme je n’avais pas peur que ma maison brûle, j’ai décidé de rester pour la protéger», dit-il.

«Arrêter la désinformation»

«J’espère juste dissuader ceux qui nous veulent du mal», affirme-t-il, tout en assurant être prêt à utiliser ses armes. Il raconte avoir entendu une nuit des coups de feu et vu des voitures suspectes avec des plaques d’autres États dans les rues.

Face aux rumeurs qui se sont multipliées depuis quelques jours sur les réseaux sociaux, l’antenne locale du FBI a affirmé sur Twitter que «les informations, selon lesquelles des extrémistes allument des incendies dans l’Oregon, sont fausses». Elle a appelé la population à «arrêter la désinformation».

Pourtant, les cambriolages sont une réalité pour James, 29 ans. Son atelier a été cambriolé plusieurs fois entre mardi et samedi. «Ils ont volé mon quad, beaucoup d’outils, ma moto», explique-t-il à l’AFP, estimant ses pertes à plus de 15’000 dollars. Il s’est arrangé avec ses voisins pour faire des tours de garde dans la journée, mais la nuit les maisons sont vides. «Il n’y a que les caméras de surveillance», dit-il en montrant les images des cambrioleurs.

(ATS/NXP)

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