Actualisé 02.10.2019 à 13:28

ValaisÀ Evolène, l'histoire de l'âne qui attendait devant la Coop

Il existe encore des endroits en Valais où les ânes sont les bienvenus devant le supermarché du coin. Mais ils se font très rares.

von
lematin.ch
Bien que l'on soit le 1er octobre, le soleil est encore chaud du côté d'Evolène à 1400 mètres. Le baudet s'est donc mis à l'ombre fraîche de la marquise en béton du supermarché.

Bien que l'on soit le 1er octobre, le soleil est encore chaud du côté d'Evolène à 1400 mètres. Le baudet s'est donc mis à l'ombre fraîche de la marquise en béton du supermarché.

DR/Facebook

C'est une scène rare dans la vie alpicole d'un endroit des plus typiques du Valais central, le val d'Hérens. Mardi après-midi, tandis que l'essentiel du village est à la sieste, l'âne du coin aurait-il décidé d'aller faire ses courses à la Coop? Postée sur Facebook par une habitante du lieu, sur la page vernaculaire «T'es de la commune d'Evolène si...», cette photo a suscité la curiosité. «Ca fait longtemps que l'on n'en voyait plus par le Valais...», s'est étonnée une internaute locale.

Un bourricot sauvage ?

Serait-ce un bourricot sauvage réintroduit en douce par les écologistes ? Et que venait-il donc acheter à la Coop? Un bonnet pour l'hiver? Au pré et au repos, un âne a besoin d'environ un hectare pour se nourrir toute l'année, selon les régions et la qualité de l'herbe. Ce n'est pas ce qui manque à Evolène. On peut supposer qu'il venait acheter le sel dont tous les ânes raffolent au-delà de toute mesure. Il se peut aussi que ce soit la perspective d'y trouver des céréales pour le petit déjeuner après avoir vu une publicité: de l'orge, du son ou du maïs (l'âne n'aime pas trop le blé).

Un rapide bout d'enquête nous apprend finalement que la propriétaire de l'âne se nomme Caroline et ne se déplace jamais sans lui: «C'est ma petite «Noisette», qui m'accompagne partout, au resto ou à la Coop», précise la jeune femme un brin malentendante. Là où d'autres ont des vélomoteurs ou des vélos électriques, l'âne semble plus adapté pour les pentes du val d'Hérens.

Voilà déjà la fin de l'histoire de l'âne, qui s'appelait «Noisette», qui allait à la Coop avec Caroline un après-midi d'octobre à Evolène. Ce n'était pas l'âne de Buridan qui mourut de faim, faute d'avoir su choisir entre deux avoines strictement pareilles.

Eric Felley

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