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Guerre en SyrieA Genève, Américains et Russes affichent leurs divergences

John Kerry et Sergueï Lavrov ont entamé à Genève des pourparlers cruciaux sur la Syrie. Ils ont d'entrée affiché leurs divergences, alors que le président syrien Bachar al-Assad s'est engagé à placer son arsenal chimique sous contrôle international.

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Sept membres du CICR ont été enlevés dans le nord-ouest de la Syrie par des «hommes armés non-identifiés». (13 octobre 2013)

Sept membres du CICR ont été enlevés dans le nord-ouest de la Syrie par des «hommes armés non-identifiés». (13 octobre 2013)

AFP
Georges Sabra, le prédisent du Conseil national syrien a déclaré que le CNS ne se rendrait pas à la conférence de paix Genève-2. (13 octobre 2023)

Georges Sabra, le prédisent du Conseil national syrien a déclaré que le CNS ne se rendrait pas à la conférence de paix Genève-2. (13 octobre 2023)

AFP
Une chute d'obus a causé la mort d'une fillette et blessé 11 personnes à Damas. (12 octobre 2013)

Une chute d'obus a causé la mort d'une fillette et blessé 11 personnes à Damas. (12 octobre 2013)

Reuters

Le chef de la diplomatie américaine John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont donné le ton lors d'une conférence de presse conjointe, avant le début des négociations qui s'annoncent difficiles.

«Nous allons travailler pour parvenir à un accord de principe afin de résoudre une fois pour toutes le problème des armes chimiques en Syrie, via l'adhésion de la Syrie à la Convention sur l'interdiction des armes chimiques. (...) Nous partons du principe que le règlement de ce problème rend toute frappe sur la Syrie inutile», a estimé M. Lavrov.

Scepticisme américain

«Les déclarations du régime syrien ne sont pas suffisantes à nos yeux et c'est pourquoi nous sommes là pour travailler avec les Russes», lui a répondu John Kerry, qui a assuré que l'armée américaine «maintenait la pression sur le régime syrien».

Alors que Sergueï Lavrov lui faisait part de ses espoirs de concrétiser leurs attentes respectives lors des discussions, John Kerry a affiché un scepticisme peu diplomatique: «Vous voulez que je vous croie sur parole? C'est un peu tôt pour cela», a-t-il dit.

«Les attentes sont fortes. (...) Cela doit être réel, cela doit être complet, cela doit être vérifiable, cela doit être crédible. Ensemble, nous allons tester la capacité du régime syrien à tenir ses promesses», a souligné le secrétaire d'Etat américain. Il n'a pas commenté les déclarations tenues quelques heures auparavant par Bachar al-Assad.

Le président syrien s'était engagé à envoyer aux Nations unies les documents nécessaires pour signer l'accord sur l'interdiction de l'utilisation des armes chimiques, lors d'un entretien à la chaîne publique russe Rossia 24. Il avait toutefois aussi demandé en échange des concessions importantes à Washington.

Adhésion syrienne reçue

«Quand nous verrons que les Etats-Unis veulent effectivement la stabilité dans la région, cesseront de menacer et de chercher à attaquer, et de livrer des armes aux terroristes, alors nous considérerons que nous pouvons mener le processus jusqu'au bout», avait déclaré Bachar al-Assad.

Le Washington Post a révélé mercredi soir que les premières livraisons américaines d'armes légères et de munitions aux rebelles ont débuté il y a deux semaines.

Les Nations unies ont annoncé dans la foulée avoir reçu «un document d'adhésion de la part du gouvernement syrien concernant la convention sur les armes chimiques», document «en cours de traduction».

Les discussions à Genève, auxquelles participent des experts en désarmement, doivent durer jusqu'à samedi. Elles vont porter sur la façon de placer l'arsenal chimique syrien sous contrôle international, une initiative lancée lundi par Moscou qui a éloigné la menace de frappes aériennes occidentales sur le régime de Damas.

Les Russes ont transmis aux Américains un plan en quatre étapes dont la première est l'adhésion de Damas à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), selon le quotidien russe «Kommersant». La Syrie devrait ensuite révéler la localisation de son arsenal, évalué par certains experts à 1000 tonnes, puis autoriser l'accès d'inspecteurs de l'OIAC et décider de la manière de le détruire.

Rebelles opposés au plan

La rencontre entre John Kerry et Sergueï Lavrov est censée rouvrir une voie diplomatique pour le conflit en Syrie, qui a fait plus de 110'000 tués en deux ans et demi. Elle vise aussi à repousser une éventuelle action militaire punitive des Etats-Unis et de la France après l'attaque du 21 août.

Le général Sélim Idriss, chef de l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), a rejeté jeudi le plan russe. Il ne faut «pas se contenter de retirer (au régime syrien) l'arme chimique, l'outil du crime, mais juger devant la Cour pénale internationale l'auteur du crime qui a reconnu clairement posséder cet outil et accepté de s'en défaire», a-t-il dit.

Pour la Coalition nationale syrienne (opposition), l'initiative russe est une «manoeuvre politique destinée à faire gagner du temps» à Bachar al-Assad.

(ats)

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