Nouveau: A Genève, l’avatar est roi

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NouveauA Genève, l’avatar est roi

Après s’être déployées aux Etats-Unis, les salles de réalité virtuelle Dreamscape arrivent, dès ce mercredi 6 juillet, au bout du lac. Leur technologie, qui avait séduit Steven Spielberg, est d’ailleurs genevoise.

par
Christophe Pinol
Dreamscape Immersive propose une étonnante expérience de réalité virtuelle. Non seulement en permettant à l’utilisateur de se déplacer librement mais, surtout, en rendant possible une interaction entre les différents participants.

Dreamscape Immersive propose une étonnante expérience de réalité virtuelle. Non seulement en permettant à l’utilisateur de se déplacer librement mais, surtout, en rendant possible une interaction entre les différents participants.

Dreamscape

Il y a quatre ans, en ouvrant à Los Angeles un premier centre à mi-chemin entre le parc d'attractions et la salle de cinéma, Dreamscape Immersive avait su proposer une étonnante expérience de réalité virtuelle. Non seulement en permettant à l’utilisateur de se déplacer librement mais surtout en rendant possible une interaction entre les différents participants. Et cette technologie, on la doit à une fondation genevoise, Artanim, qui avait su séduire de puissants investisseurs hollywoodiens – la chaîne de cinéma AMC, les studios Warner, MGM, sans oublier Steven Spielberg et Hans Zimmer en personne – pour ainsi donner naissance à Dreamscape.

Un centre Dreamscape.

Un centre Dreamscape.

Dreamscape

Depuis, 3 centres supplémentaires ont ouvert aux Etats-Unis, un à Dubaï, et un autre est annoncé à Riyad pour le mois de septembre. Mais les cofondateurs d’Artanim et de Dreamscape, Caecilia Charbonnier et Sylvain Chagué, n’ont cessé de caresser le rêve d’ouvrir leur pendant à Genève pour revenir en quelque sorte aux sources, dans leur petit jardin.

Autant dire qu‘on était donc impatient de pouvoir enfin tester cette expérience avec l’inauguration, aujourd’hui, mercredi 6 juillet, du premier complexe du genre en Europe, en plein cœur de Genève, dans un Confédération Centre fraîchement rénové.

3 salles, 3 expériences différentes

Alors le pari est ambitieux, puisque l’idée est donc de plonger les utilisateurs dans des mondes créés de toutes pièces ou inspirés de films à succès, à travers des attractions déployant une logistique difficilement aménageable à la maison. Non seulement dotées d’une technologie dernier cri mais surtout agrémentées de toute une palette d’artifices chargés d’accentuer l’immersion: un sol qui vibre quand un gigantesque dinosaure marche à nos côtés, un ventilateur pour simuler des déplacements à grande vitesse, des bras articulés pour reproduire les mouvements de la trompe d’une créature à caresser, des fragrances diffusées à des moments bien précis, ou encore des gouttelettes d’eau projetées quand une bestiole nous éternue au visage.

«Alien Zoo» nous propulse sur une planète transformée en un immense zoo intergalactique.

«Alien Zoo» nous propulse sur une planète transformée en un immense zoo intergalactique.

Dreamscape

Le tout savamment dispatché dans 3 attractions différentes. D’abord «Alien Zoo», qui nous propulse sur une planète transformée en un immense zoo intergalactique, et qui a bénéficié de la collaboration directe de Steven Spielberg puisque l‘idée est tirée d‘un de ses scripts jamais porté à l‘écran. «Dragon Flight Academy», ensuite, où l’on va apprendre à voler sur l’une des créatures de la saga cinématographique d’animation «Dragon». Et puis «Genève 1850», qui nous plonge au cœur de la vieille ville, aux côtés du Général Dufour, au moment de la révolution «fazyste». L’attraction avait connu un grand succès en 2019, lors de sa présentation à la Maison Tavel, mais elle revient dans une version agrémentée de quelques séquences inédites, ainsi que d’un design sonore et visuel revu et corrigé.

Genève, la pionnière

Mais là où Dreamscape Genève se distingue des autres centres, c’est qu’il est le premier à proposer une franche amélioration de sa technologie maison. Si les utilisateurs devaient jusqu’à présent se coltiner un sac à dos abritant l’ordinateur chargé de calculer les images affichées dans le casque VR, ce n’est plus le cas. «C’est dorénavant un serveur qui s’en charge, en streaming, nous explique Sylvain Chagué, cofondateur et directeur technique. Le but de l’opération étant de simplifier au maximum l’équipement pour améliorer le confort. Et ce n’est que la première étape puisqu’on espère bientôt pouvoir cette fois se passer des capteurs que l’on porte encore aux mains et aux pieds pour nous situer dans l‘espace et animer notre avatar. D’ici un an ou deux, nos algorithmes de machine learning et d’intelligence artificielle devraient permettre aux caméras de pouvoir détecter par elles-mêmes les utilisateurs et leur squelette». L’entreprise entend d’ailleurs profiter pleinement de la proximité du centre Artanim, à Meyrin (GE), chargé du développement technologique de Dreamscape, afin de proposer en avant-première à Genève leurs différentes innovations, avant de les déployer dans le reste du monde.

Une salle d’accueil Dreamscape.

Une salle d’accueil Dreamscape.

Dreamscape

Alors venons-en à nos impressions… Après s’être harnaché de l’équipement nécessaire (le casque VR et ces fameux capteurs aux mains et aux pieds), on se jette dans le bain. Pour se retrouver immédiatement matérialisé sous la forme d’un avatar. Et ça marche particulièrement bien. Dans «Alien Zoo» (6 personnes au maximum), alignés les uns à côté des autres face à un miroir, au début de l’aventure, on peut ainsi non seulement s’admirer en train d’effectuer par exemple quelques savant pas de danse, mais aussi se tourner pour saluer ses coéquipiers, et même se risquer à un «High Five». Dans «Dragon» (8 personnes au maximum), à cheval sur notre monture, on n’aperçoit que nos avant-bras revêtus de la lourde armure de notre avatar. Mais on peut par contre admirer l’impressionnant look de nos compagnons.

Interactif et immersif

La technologie, elle, fonctionne impeccablement bien, rien à redire de ce côté-là. C’est fluide – sans bug, sans saccade –, nos avatars réagissent au quart de tour, et c’est diablement précis quand il s’agit d’interagir avec des objets (agripper une lampe-torche, lancer une baballe à une mignonne créature croisée lors de notre périple ou encore agripper une barrière pour se rassurer). Et quand on se retrouve au bord d’un précipice, perché dans la nacelle d’une montgolfière ou sur une plateforme au sol transparent, la sensation de vertige est bien là. Le tout, sans provoquer de nausées, contrairement à d’autres attractions VR testées par le passé.

Dans «Dragon», à cheval sur une monture volante.

Dans «Dragon», à cheval sur une monture volante.

Dreamscape

Au final, on en ressort pourtant un rien déçu. La faute à des graphismes pas toujours au top. On sent que certaines expériences commencent à dater et que notre œil est tout de même habitué à être un peu plus flatté. Caecilia Charbonnier, cofondatrice et directrice de l’innovation, est d’ailleurs la première à le reconnaître: «Oui, «Alien Zoo» mériterait effectivement un petit lifting, mais pour moi c’est l’attraction la plus intéressante au niveau du développement de l’histoire. Après, on va vite en accueillir d’autres, plus récentes, qui tournent déjà aux Etats-Unis. La plus impressionnante visuellement reste «The Blu: Deep Rescue», qui nous plonge au fond des océans. «Curse of The Lost Pearl», avec son côté Indiana Jones, est la plus fun à faire en groupe. On est aussi en train de négocier le déploiement de l’attraction «Harry Potter», encore exclusive à New York, où Warner a mis le paquet en termes d’interaction avec toutes sortes d’éléments haptiques. Après, n’oublions pas que tous nos calculs se font en temps réel et qu’on ne peut pas les comparer aux effets spéciaux de cinéma, où leurs ordinateurs peuvent tourner des journées entières pour traiter leurs images».

Addition salée

Alors à 25 CHF le billet (prix unique, à acheter sur place ou à réserver sur le site), c’est peut-être un poil cher pour à peine une douzaine de minutes de voyage en mode virtuel, et une dizaine d’autres à flâner dans les salles d’accueil, inspirées de l’ambiance des romans de Jules Verne, où l’on trouvera quelques objets liés aux différentes attractions exposés en vitrine et des posters sur les créatures que l’on s’apprête à rencontrer. Reste que le dépaysement est total et qu’on n’est effectivement pas près de pouvoir tester ce genre d’expériences à la maison.  


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