Hockey sur glace: A Genève, on n'a qu'une parole...

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Hockey sur glaceA Genève, on n'a qu'une parole...

Genève-Servette continue de briller avec ses jeunes pousses pour battre les Zurich Lions sans discussion. Que de belles promesses!

par
Christian Maillard
Genève

Il ne suffit pas de dire, d'affirmer, promis juré, qu'on va lancer les jeunes dans le bain, faut-il encore tenir ses promesses. A Genève, on n'a qu'une parole. Avant que ne débute la saison, les dirigeants des Vernets, répondant à la volonté de la Fondation 1890, clamaient haut et fort partout à qui voulaient bien les entendre que Genève-Servette allait tourner la page et faire confiance à leur relève tout juste auréolée d'un deuxième titre de champion de Suisse. Ce n'était pas que des mots en l'air...

Patrick Emond, qui a amené deux fois ses garçons au titre national chez les juniors, a été nommé à la place de Chris McSorley pour changer de philosophie et de jeu pour le plus grand plaisir des fans. Car ce vent de fraîcheur, de folie, fait du bien dans les tribunes des Vernets même si le public a encore de la peine à prendre le chemin de la patinoire. Ils n'étaient que 4606 ce mardi soir, c'est trop peu. Reste que les autres, qui n'ont pas préféré rester sur une terrasse, ceux qui croient à ce renouveau, n'ont pas été déçus...

Il suffisait de voir la «banane» des gens à la sortie de cette deuxième victoire face aux Zurich Lions. «Ils nous font vraiment plaisir!» s'exclamaient ces fidèles, ce mardi soir, tout enthousiastes des envolées de ces Deniss Smirnovs, Enzo Guebey, Simon Le Coultre, Marco Miranda, Roger Karrer et Guillaume Maillard qui ont 20 ans ou à peine plus.

Alors oui, la tentation était grande de changer, de tout modifier son alignement, mais il n'a pas cédé à la panique. Après la défaite des Aigles samedi contre Bienne, Patrick Emond a gardé toute la confiance à ses protégés, à commencer par Guillaume Maillard, qui ne parvenait pas à concrétiser les belles occasions qu'il se créait. Le coach québécois savait que son attaquant, qu'il connait si bien, n'était pas loin d'exploser. «Le sortir des premières lignes aurait été une erreur que l'on a trop commis par le passé, il faut être patient avec les jeunes», rappelait-il dans son bureau, lundi, persuadé qu'il allait lui rendre la monnaie de sa pièce. «Avec lui, on sait que le travail est payant, qu'on sera récompensé, se réjouissait ce garçon aux mains d'or. De me faire jouer dans les deux premières lignes me donne une énorme confiance.» Cela a été payant ce mardi contre ces Zurichois, c'est lui qui a débloqué le match à la 21e minute.

Tout un symbole d'un match que les Servettiens ont parfaitement su gérer avec, au final, un 3 à 0 plus explicite qu'une longue diatribe. Trois jours après son revers contre les Seelandais, les Aigles n'ont pas commis les mêmes erreurs que samedi, en tenant la dragée haute au «Z» soixante minutes durant, avec un match plein de leur gardien, un Gauthier Descloux strastosphérique. Ajoutez à cela un power-play efficace et des étrangers (deux buts de Winnik et de Wingels) à la hauteur de leur mission, ce Ge/Servette tient, à l'image d'un Deniss Smirnovs, encore une fois étincelant, toutes ses promesses. Vivement la suite, ce vendredi à Ambri en attendant de recevoir Berne aux Vernets.

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