Football: A la Tuilière, on a le droit de parler d’Europe
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FootballA la Tuilière, on a le droit de parler d’Europe

Après son succès contre Lugano, Lausanne aurait tort de ne pas viser une place sur le podium. Le potentiel qu’il exprime l’autorise à revoir ses ambitions à la hausse.

par
Nicolas Jacquier
Sport-Center

Quand on passe à la télé sur une chaîne publique comme ce fut le cas du LS dimanche après-midi, mieux vaut se présenter sous son meilleur jour. C’est ce qu’a parfaitement réussi à faire le club vaudois sur sa pelouse synthétique. Si la curieuse faiblesse d’un FC Lugano que l’on a connu plus batailleur incite à relativiser le jugement, la performance du néo-promu n’en demeure pas moins extrêmement intéressante en raison des perspectives que lui ouvre son probant succès (2-0).

Alors que le rendez-vous était piégeux, Lausanne a su aisément s’en extraire face à un visiteur tessinois qui, en l’emportant 1-0 à la Pontaise le 7 novembre dernier, avait singulièrement gâché l’adieu à la vénérable enceinte. Signe de cette rassurante embellie: depuis quelques temps, on parle beaucoup moins des absents qui ont clairsemé les rangs, notamment de celle d’Aldin Turkes. On peut y voir là la preuve que le club vaudois a réussi à surmonter ses handicaps.

Une révélation nommée Mahou

D’abord parce que Guessand a su saisir sa chance en montrant, dans un registre certes différent du centre-avant qu’il remplace, l’étendue de son potentiel. Mais il y a aussi désormais la révélation Hicham Mahou (21 ans), en qui, il faut être franc, peu croyaient lors de son arrivée sur la pointe des pieds à la fin janvier. Or le bonhomme est en train de donner tort aux sceptiques. Avec sa vitesse, il a réalisé contre Lugano un petit festival en donnant le tournis à Marcis Oss, l’ancien défenseur de NE Xamax, pas forcément réputé par sa mobilité.

Au sein d’un LS qui sait combiner plaisir assumé et solidité défensive retrouvée, Cameron Puertas s’est imposé comme un élément toujours plus décisif. On ne cesse de le répéter, mais son avènement n’est pas étranger à l’excellent parcours du néo-promu. Quand on a un Puertas dans son moteur, on peut se risquer à oser davantage, ce dont la formation de Contini a logiquement été récompensée.

On a fait le ménage

A la Tuilière, le LS n’a pas seulement séduit par la qualité de son jeu; dans les coulisses aussi, on a fait en sorte d’astiquer le nouveau stade et d’y faire la poussière. Quelques minutes avant le coup d’envoi, on a ainsi vu deux bénévoles venir nettoyer l’avant-toit vitré surmontant les bancs de touche. Un petit effort prouvant que rien n’est laissé au hasard.

Au moment où le FC Sion subissait une humiliation à Tourbillon en baissant pavillon devant Vaduz, une lanterne rouge revenue à la hauteur de son hôte valaisan à la faveur de deux penalties, Lausanne a su imposer sa belle jouerie et une maîtrise technique aboutie. Convaincante, sa victoire donne aussi raison au management de Giorgio Contini, lequel, on le sait, n’hésite pas à faire l’impasse sur certains rendez-vous (en préservant chaque fois quelques leaders) pour mieux se concentrer sur les échéances qui comptent vraiment.

Neuf équipes en dix points

Si le retour du «guerrier» Reto Ziegler sur les pelouses helvétiques n’a pas suffi à secouer l’apathie des visiteurs, Lausanne doit maintenant ne pas craindre de modifier sa cible. Certes, l’ambition première demeure toujours d’assurer le maintien, mais ses joueurs auraient tort de ne pas regarder en direction du podium.

Quand on voit la grande détresse sportive dans laquelle a sombré le FC Bâle, les limites d’un FC Zurich et l’extrême versatilité de la hiérarchie, le club vaudois ne heurterait personne en faisant de la conquête d’un strapontin européen (en Ligue Europa Conférence, la nouvelle compétition lancée par l’UEFA) un objectif raisonnable. Un raisonnement qui soit dit en passant vaut aussi pour son voisin lémanique du bout du lac...

Bien sûr, tout cela reste extrêmement fragile quand neuf équipes se tiennent encore en dix (!) points après vingt-deux journées, un écart qui n’a jamais été aussi serré depuis la création de la Super League en 2003.

Il n’empêche que Contini - et c’est là tout son mérite - a fixé un cap et qu’une ligne de conduite existe, claire et reconnaissable. Que l’on aime ou pas le style qu’il lui a inculqué, Lausanne dégage une identité de jeu que l’on cherche toujours en vain du côté du FC Sion par exemple. Où le technicien de la Tuilière a trouvé une équipe, alignée dans les matches qu’il importe de gagner à tout prix, Fabio Grosso, son homologue de Tourbillon, donne en comparaison l’impression de toujours chercher la sienne.

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