Humeur: À l’armée: moins d’obus, plus de serveurs
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HumeurÀ l’armée: moins d’obus, plus de serveurs

Les explications pour justifier les lacunes informatiques de l’Armée suisse dans la mise en place d’un cours à distance restent maigres.

par
Eric Felley
L’enseignement à distance n’était apparemment pas une tâche à laquelle l’armée suisse était préparée.

L’enseignement à distance n’était apparemment pas une tâche à laquelle l’armée suisse était préparée.

DDPS

Ce vendredi, l’Armée suisse a annoncé avoir choisi une start-up innovante en matière de détection des cybermenaces parmi une vingtaine de sociétés ayant déposé des projets. L’entreprise lauréate s’appelle «CounterCraft» et son système sera adopté par l’armée. C’est une technique qui «simule des réseaux virtuels de grande envergure pouvant aussi bien être utilisés dans des installations privées que dans le cloud. Grâce à cette approche, il devient possible de détecter et de comprendre l’approche employée par des attaquants professionnels, qui ciblent des systèmes en particulier, à l’instar d’infrastructures critiques».

Nous voilà rassurés, l’Armée suisse a de vraies compétences pour assurer la cyberdéfense du pays avec des entreprises de pointe en matière numérique. Par contre, ses capacités en informatique ne lui ont pas permis d’assumer la mise en place d’un cours à distance. La faute aux serveurs de la Confédération qui ont été trop sollicités par le télétravail, selon un communiqué publié jeudi.

L’Armée suisse «s’avance en terre inconnue»

Dans ce même communiqué, l’Armée suisse se justifie aussi par le caractère inédit de l’opération: «En mettant en place une phase d’enseignement à distance de trois semaines pour environ 40% des recrues, l’Armée suisse s’avance en terre inconnue». C’est tout de même étonnant qu’elle «s’avance en terre inconnue» en 2021, dans un domaine auquel tout un chacun s’est familiarisé durant l’année dernière déjà

La mauvaise farce faite aux jeunes recrues cette semaine ne fera heureusement aucune victime. Mais cette défaillance est tout de même un peu inquiétante. Elle est surtout la conséquence d’une très lente évolution de l’Armée suisse en matière de technologie numérique. Elle a toujours préféré les terres connues en achetant des mortiers, des grenades, des canons, des camions et des fusils. À l’avenir, elle pourrait acheter un peu moins d’obus et un peu plus de serveurs.

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