23.06.2016 à 18:33

VaudA Lausanne, le pasteur Fatzer jeûne encore

Au grand dam du Conseil synodal, Daniel Fatzer est toujours en grève de la faim dans l'église St-Laurent.

Depuis le 16 juin, Daniel Fatzer ne s'alimente plus.

Depuis le 16 juin, Daniel Fatzer ne s'alimente plus.

Keystone

Après plus d'une semaine sans s'alimenter, le pasteur Daniel Fatzer, à Lausanne, se dit déterminé à poursuivre son jeûne. Il veut ainsi dénoncer les méthodes managériales de l'Eglise réformée vaudoise. Le Conseil synodal déplore le dégât d'image lié à cette affaire.

«Je regrette profondément le choix de Daniel Fatzer d'occuper St-Laurent et d'y faire une grève de la faim pour des revendications personnelles». Pour le président du Conseil synodal, Xavier Paillard, le comportement du pasteur licencié n'est pas sans conséquence pour l'institution et pour la communauté.

«Ce qui continue à m'étonner, c'est que quelqu'un qui dit aimer l'Eglise choisisse de faire un tel tapage médiatique sachant le dégât d'image que cela provoque. Sachant aussi que cela peut mettre en péril le projet St-Laurent», poursuit le chef de l'exécutif. En forme

«Oh, ils aiment me l'attribuer ce dégât d'image», rétorque Daniel Fatzer, debout dans l'Eglise St-Laurent, et visiblement en forme. «Mais ce dégât, il vient surtout du comportement du Conseil synodal, des souffrances qu'il a infligées à certains de mes collègues», estime le pasteur fraîchement licencié et qui veut au travers de son jeûne dénoncer une poignée de licenciements qui ont eu lieu au sein de l'Eglise évangélique réformée vaudoise.

Le constat est sans appel: les deux parties ne semblent guère prêtes à faire des concessions. Daniel Fatzer est clair. «Je continue et ce, tant que je n'aurai pas de problème de santé ou familial. Là, je suis un peu affaibli mais ça va».

Un bouillon

Depuis le 16 juin, l'homme ne s'alimente plus. Il dit boire un bouillon salé par jour et de l'eau. Il dort dans l'église lausannoise sur un matelas pneumatique ou une chaise longue.

A deux pas, un tableau blanc et des messages d'encouragement inscrits au stylo: «Parce qu'il faut se battre pour ce qui est juste», «garde le sourire» ou «parce que la vérité dérange».

Nouveau mouvement

Pour le mouvement citoyen St-Laurent Eglise, créé il y quelques jours et qui regrette que la communauté ait été mise devant le fait accompli après le licenciement du pasteur, il faut dialoguer. «Pour l'instant, on est dans un positionnement très dur du Conseil synodal, il n'y a pas beaucoup de remise en question», lâche Vincent Léchaire, porte-parole du comité.

Le mouvement a rédigé un manifeste qui en 48 heures a récolté environ 170 signatures. Si le texte demande notamment la réintégration du pasteur licencié, un dialogue et une médiation, il veut aussi engager une réflexion plus large au sein de l'Eglise évangélique réformée.

Plus simple

«Il faut revenir à quelque chose de plus simple. On a du boulot à faire pour retrouver une église fondée sur la relation, la simplicité, le dialogue». Et d'estimer que le cas Fatzer «révèle qu'il y a un dysfonctionnement dans le modèle» et que «le leadership est un peu autoritaire».

De son côté, Xavier Paillard dit «avoir des échos différents». «On a une majorité de collègues qui marquent leur soutien», affirme-t-il. Et d'ajouter que ces dernières années, les ressources humaines se sont professionnalisées.

Pour rappel, lors d'un culte diffusé en direct sur Espace 2, le pasteur, qui avait déjà été mis en garde, a pris publiquement la défense d'un collègue récemment licencié. Il a également mis en cause un des membres des autorités ecclésiales. L'homme a été licencié avec effet immédiat.

(ats)

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