12.08.2020 à 15:16

FOOTBALLA Lausanne et à Servette, on est plutôt content, à Sion, plutôt déprimé

Après la décision du Conseil fédéral de geler la situation jusqu’au 30 septembre avant d’autoriser le retour du public «sous conditions strictes», les réactions ne sont pas les mêmes d’un club à l’autre. Etat des lieux.

par
Nicolas Jacquier
Avec la levée de l’interdiction des manifestations de plus de 1000 spectateurs, les fans pourront effectuer leur retour dans les stades à compter du 1er octobre. Reste désormais à savoir sous quelles conditions et dans quelles proportions.

Avec la levée de l’interdiction des manifestations de plus de 1000 spectateurs, les fans pourront effectuer leur retour dans les stades à compter du 1er octobre. Reste désormais à savoir sous quelles conditions et dans quelles proportions.

KEYSTONE

Que ce soient les différentes Fédérations, les clubs concernés, les acteurs du sport ou tous les supporters, ils étaient nombreux à attendre ce mercredi les décisions du Conseil fédéral liées à la crise du coronavirus et ses conséquences. Avec comme enjeu prioritaire, l’assouplissement (ce qu’espéraient les clubs), le maintien (ce que redoutaient ces mêmes clubs) ou, pire encore, le durcissement des mesures sanitaires en vigueur consécutivement à la crise du Covid-19, principalement l’interdiction des manifestations de plus de 1000 personnes.

Transformés en juges-arbitres, les sept Sages allaient-ils prendre une décision de nature à accélérer potentiellement la fin du sport professionnel en Suisse en se calant sur l’exemple de fermeté du gouvernement allemand pour lequel la présence de public dans les tribunes s’avère actuellement prématurée, ou prôner l’ouverture en s’inspirant du modèle autrichien (autorisant jusqu’à 10’000 spectateurs)? Le verdict était bien évidemment très attendu dans la mesure où il allait directement conditionner les budgets à venir des clubs pour l’exercice 2020-2021. En dépit d’un important travail de lobbying effectué ces derniers temps, nombre de dirigeants craignaient même un effondrement du système. «Si la situation actuelle devait perdurer jusqu’en mars prochain, cela équivaudrait à une condamnation à mort des clubs professionnels», prophétisait ainsi Wanja Greuel, le CEO d’YB, dans Blick.

Les cantons délivreront les autorisations

L’insoutenable suspense a pris fin en milieu d’après-midi, avec la décision du Conseil fédéral de prolonger l’interdiction des rassemblements de plus de 1000 personnes d’un mois supplémentaire, avant d’autoriser ensuite, dès le 1er octobre, le retour des grands événements «sous conditions strictes». La compétence finale en reviendra aux cantons, en fonction de concepts sanitaires (distanciation, traçage des spectateurs, port du masque obligatoire, etc.) qui devront préalablement être validés et uniquement si la situation épidémiologique le permet.

Le retour partiel du public s’effectuera donc en fonction d’une jauge qui doit encore être affinée en fonction des différents stades, mais sans doute assez proche du 50% de leur capacité.

«Sur la durée d’un championnat, il faudra jongler avec l’aléatoire, cela pourrait créer des injustices»

Vincent Steinmann, directeur administratif du LS

Au sein des clubs romands, la décision du Conseil fédéral de temporiser avant de jouer la carte d’une ouverture partielle a été très diversement appréciée. Néo-promu en Super League, Lausanne la considère comme une petite victoire. «Cela nous permet au moins de peaufiner notre concept de sécurité, de concert avec les autorités vaudoises, explique ainsi Vincent Steinmann, son directeur administratif. C’est une première ouverture, sachant que la situation prévalant avant le coronavirus ne reviendra pas. Le danger, c’est qu’il pourrait y avoir des appréciations différentes selon les cantons. Sur la durée d’un championnat, il faudra jongler avec l’aléatoire, cela pourrait créer des injustices.»

«C’est un premier pas en direction d’une nouvelle normalité. Il importera que chacun joue le jeu afin de garantir le respect des consignes»

Loïc Lüscher, responsable de la communication du Servette FC

Quelques 60 kilomètres plus à l’ouest, Servette accueille tout aussi favorablement ce retour programmé des grandes manifestations… en format réduit. Loïc Lüscher, son porte-parole, y voit un «premier pas en direction d’une nouvelle normalité». «On se réjouit, précise-t-il, de pouvoir à nouveau retrouver nos abonnés, nos groupes de supporters et nos partenaires à la Praille. Il importera que chacun joue le jeu afin de garantir le respect des consignes sanitaires.»

«J’y vois un consensus mou. En l’état, on ne peut rien faire puisque l’on n’a rien à vendre»

Christian Constantin, président du FC Sion

Du côté de la Porte d’Octodure, Christian Constantin est beaucoup plus remonté. «J’espérais de véritables décisions. Or là, le Conseil fédéral ne fait que refiler la patate chaude aux cantons, estime un président du FC Sion plus que déçu. J’y vois un consensus mou. En l’état, on ne peut rien faire puisque l’on n’a rien à vendre. Alors que l’on était déjà aux soins intensifs depuis plusieurs mois, c’est comme si l’on nous supprimait encore de l’oxygène.»

«Le Conseil fédéral s’est défait d’un gros souci en refilant le bébé aux cantons sur lesquels va reposer toute la pression»

Christian Binggeli, président de NE Xamax

A la Maladière, on se montre aussi circonspect que partiellement rassuré. «On fait les choses à la suisse, estime Christian Binggeli. On temporise, on attend... Le Conseil fédéral s’est défait d’un gros souci en refilant le bébé aux cantons sur lesquels toute la pression va reposer. En fin de compte, c’est un soulagement qui laisse beaucoup de questions ouvertes, notamment la gestion des buvettes et du catering.» Pour le président de Xamax, la capacité du stade pourrait être limitée à 5000 spectateurs, sur la base du concept établi par la SFL. «En Challenge League, reprend notre interlocuteur, on tournait avec une moyenne de 3500-3800 spectateurs lors des gros matches. Peut-être notre relégation nous permettra-t-elle au moins de mieux nous en sortir que si l’on était resté en Super League.»

«La décision du Conseil fédéral de permettre à un plus grand nombre de spectateurs d'entrer dans les stades revêt une importance existentielle pour nos clubs»

Claudius Schäfer, CEO de la Swiss Football League

En Suisse, la reprise du championnat a été fixée au 12 et 13 septembre, ce qui signifie que les trois premières journées se disputeraient avec seulement 1000 spectateurs par rencontre. La Swiss Football League étudie par conséquent la possibilité de repousser le début de la prochaine saison au mois d’octobre. En espérant très fort que la situation sanitaire ne se dégrade pas davantage. Pour Claudius Schäfer, son directeur, ce 12 août demeure un jour important. «La décision du Conseil fédéral de permettre à un plus grand nombre de spectateurs d'entrer à nouveau dans les stades, tout en respectant des concepts de protection stricts, revêt une importance existentielle pour nos clubs» a-t-il réagi dans un communiqué publié sur le site de la Ligue.

Toutefois, il incombe désormais à tous les acteurs impliqués de ne pas baisser la garde. «La SFL a montré à la Confédération qu’avec ses concepts détaillés, reprend M. Schäfer, elle peut faire face à sa grande responsabilité pour un fonctionnement réduit, mais contrôlé. En parallèle, les joueurs, les officiels et les supporters doivent maintenant être préparés à ces mesures de protection prévues. Tous les acteurs concernés doivent comprendre et soutenir les mesures, car l'aspect sanitaire ne doit à aucun moment être négligé.»

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12 commentaires
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Patoche66

13.08.2020 à 06:00

Priorité aux abonnés...! On devrait être dans la norme! Allez Servette!

voila

12.08.2020 à 17:05

normal Monsieur CC avec son vieux stade donc que le 50% des places assises , un stade normalement plus valable en super ligue qui d'autre a un vieux stade ..

Jean Raoul

12.08.2020 à 17:01

Si le canton de genève et vaud accepte plus de 1000 alors que avec leurs chiffres de contamination ils devraient être plus proche d'un re confinement (surtout genève) ce sera une honte. CC a raison, la confédération se décharge sur les cantons