Football: «A l’entraînement, on ne se serre plus la main»
Publié

Football«A l’entraînement, on ne se serre plus la main»

Le coronavirus affecte aussi les footballeurs. Gardien du FC Chiasso, Loïc Jacot évoque la situation du club frontalier.

Aujourd'hui au FC Chiasso, Loïc Jacot (ici sous les couleurs de Xamax) vit une situation particulière.

Aujourd'hui au FC Chiasso, Loïc Jacot (ici sous les couleurs de Xamax) vit une situation particulière.

Keystone

En temps normal, il n’est déjà pas aisé d’être un joueur du FC Chiasso, lanterne rouge de Challenge League condamnée à sauver sa peau. Mais cela l’est encore moins ces temps-ci, avec l’arrivée du coronavirus en Suisse, et un premier cas positif détecté mardi à Lugano.

Entre psychose collective, réalité et peur diffuse, difficile de s’y retrouver. Mais comment cela se passe-t-il au quotidien? «D’un côté, répond Loïc Jacot, gardien neuchâtelois du stadio Riva IV, ça ne fait pas trop peur. De l’autre, c’est quand même assez stressant. On est à 40 minutes de Milan. Si un joueur devait être touché, on risque de tous l’être. Et ça…»

Au sein du club tessinois, la situation est particulièrement sensible en raison de la présence de plusieurs joueurs italiens dans son contingent. L'entraîneur lui-même (ndlr: Alessandro Lupi ainsi que ses deux adjoints)vient de l’autre côté de la frontière. «Tout le staff est transalpin, reprend l’ancien gardien de NE Xamax. Pour eux, à les entendre, il n’y a aucun souci. Tout se passe comme s’ils s’en fichaient un peu... Mais je sais qu’ils font attention. Un gars de chez nous vient pourtant de la région de Bergame, juste à côté d’une ville contaminée mise en quarantaine.»

Quelques précautions élémentaires ont déjà été prises. «On fait un peu plus gaffe sans vraiment savoir quoi faire non plus, reprend notre interlocuteur. A l’entraînement et au moment de se quitter, on ne serre plus la main, on se contente de se toucher les poignets. S’il y a de quoi flipper, c’est parce que beaucoup de gens paniquent aussi. Si l’on devait bloquer la frontière comme d’aucuns l’aimeraient, tout pourrait devenir encore plus compliqué. Que se passerait-il alors pour le FC Chiasso?»

Prêté jusqu'en juin prochain au sud des Alpes par le FC Lucerne auquel il appartient toujours (contrat jusqu'en 2022), Jacot sait que l’équilibre sportif demeure fragile pour une équipe accusant sept points de retard sur le premier non-relégable (Schaffhouse). «On ne joue plus que des finales», concède-t-il.

Custodio (Lugano): «Le virus se rapproche mais l’on reste plutôt zen»

Au FC Lugano, aucune crainte particulière si l’on en croit Olivier Custodio. «On voit que le virus circule et se rapproche mais l’on reste plutôt zen, explique l’ancien milieu de terrain de la Pontaise. On sait aussi que le virus s’attaque prioritairement à des personnes âgées, déjà fragiles et en mauvaise santé.» Au Cornaredo, aucune consigne officielle n’a été mise en place. «A l’entraînement, chacun a sa bouteille d’eau. Cela ne change pas de l’habitude…»

Ce week-end, les deux clubs tessinois seront à pied d’œuvre en Suisse Romande: Chiasso est attendu samedi à Colovray pour y défier le Stade-Lausanne-Ouchy tandis que les Bianconeri fouleront le lendemain la pelouse du stade de Genève. «Par rapport au jeu que l’on propose, estime Custodio, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. On sait ce que l’on doit réaliser pour faire mal à Servette…» Si la menace du Covid-19 existe bel et bien dans les esprits, l’enjeu sportif reprend vite le dessus.

N.JR

Teleclubs prend des mesures

Dans le même temps, Teleclub (qui diffuse notamment les matches de Super League) a instamment demandé à ses journalistes tessinois de s’abstenir de traverser le Gothard durant les prochaines semaines. Dans un communiqué interne, le diffuseur a aussi invité ses collaborateurs basés au nord des Alpes d’éviter à l'avenir les déplacements au Tessin ou dans les régions italiennes touchées.

Une simple mesure de bon sens qui, au final, ne fait qu'alimenter la psychose ambiante.

Votre opinion