Coronavirus - À l’heure de décider, le Conseil fédéral n’a pas que des mauvaises nouvelles
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CoronavirusÀ l’heure de décider, le Conseil fédéral n’a pas que des mauvaises nouvelles

Des assouplissements seront-ils annoncés aujourd’hui? En tout cas les indicateurs sur l’épidémie se sont dégradés mais il y a aussi de bonnes nouvelles.

par
Renaud Michiels
Guy Parmelin et Alain Berset vont-ils proposer des assouplissements? Réponse cet après-midi.

Guy Parmelin et Alain Berset vont-ils proposer des assouplissements? Réponse cet après-midi.

AFP

Le 19 mars, à l’heure de décider des mesures à prendre et surtout à ne plus prendre pour lutter contre l’épidémie de coronavirus, le Conseil fédéral avait choisi de ne toucher à rien, ou presque. La limite pour les rencontres à l’intérieur passait de 5 à 10 et c’est tout. La situation épidémiologique ne permettait pas d’autres assouplissements, avaient estimé les sept Sages. On attend de nouvelles annonces du Conseil fédéral cet après-midi, qui seront suivies comme d’habitude d’une semaine de consultation des cantons. Alors à quoi ressemble désormais la situation sanitaire? On fait le point sur les raisons d’être pessimiste et celles qui poussent à l’optimisme.

Mauvaises nouvelles

Au niveau des indicateurs retenus par le Conseil fédéral pour jauger la situation c’est simple: presque tout s’est aggravé. Le 19 mars, le taux de reproduction était à 1,14. Il a varié depuis mais il était hier exactement au même niveau, selon les données de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), donc bien au-dessus de 1. L’incidence sur 14 jours se fixait à 208, elle a flirté hier avec les 300 (297). Le nombre de patients aux soins intensifs est lui passé de 159 à 203, même s’il reste en deçà de la limite évoquée de 250. Quant au taux de positivité des tests PCR il est passé de 5% à 7,1% hier. On peut ajouter les cas: 1750 environ le 19 mars, entre 2200 et 2500 ces derniers jours.

Bref: si le Conseil fédéral estimait qu’aucun assouplissement n’était raisonnable avec la situation de mars, on ne peut que constater que l’épidémie ne lui donne pas de raisons de changer d’avis.

Bonnes nouvelles

En se plongeant dans la communication du gouvernement du 19 mars, on peut cependant relever que des inquiétudes ne se sont pas réalisées. Ainsi, on craignait «une forte augmentation des hospitalisations» et ça ne s’est pas du tout passé. Cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à lOFSP, Virginie Masserey a parlé hier d’une situation «tout à fait gérable» en la matière. En mars, le Conseil fédéral écrivait aussi: «on estime à lheure actuelle que le nombre de nouvelles infections va doubler toutes les trois à quatre semaines». Là aussi, ce n’est pas du tout arrivé. Le nombre de cas a augmenté très lentement mais n’a pas explosé et la Suisse n’est pour l’instant pas confrontée à une réelle troisième vague. Quant aux décès, ils n’augmentent pas: 10 à 20 par jour. Ils se stabilisent «à un niveau bas», selon les mots de Virginie Masserey.

En mars les sages expliquaient encore que «différents indices laissent à penser que les nouvelles souches du virus ne sont pas seulement beaucoup plus contagieuses mais plus mortelles.» Or ce n’est peut-être pas vrai. Même si la question n’est pas tranchée par les scientifiques, deux études publiées cette semaine affirment que le variant britannique nentraîne en fait pas davantage de formes graves.

Enfin du côté des bonnes nouvelles il y a évidemment la vaccination, qui si elle n’avance pas assez vite selon de nombreuses voix progresse quand même. Le 19 mars quelque 1 200 000 doses avaient été administrées dans le pays et 430 000 personnes avaient reçu leurs deux injections. Aujourd’hui on en est à 1 800 000 doses et 690 000 personnes complètement vaccinées.

Et maintenant?

À l’heure de décider du sort de la culture, du sport, des loisirs, des restaurants et de leur terrasse ou encore du télétravail, le Conseil fédéral a finalement une situation contrastée et assez difficile à jauger sur les bras. Les indicateurs de l’épidémie se sont dégradés mais les scénarios redoutés n’ont pas eu lieu et rien n’indique pour l’heure des lendemains catastrophiques. Une situation qui permet de prudentes ou importantes réouvertures? Réponse cet après-midi.

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