10.11.2020 à 08:02

BasketballÀ Monthey, un Américain est parti «comme un voleur»

Débarqué cet été en Valais pour renforcer la raquette du BBC Monthey, Trent Weaver a quitté la Suisse à la hâte en raison du contexte sanitaire. Pire, il est parti sans prévenir ni son club, ni son agent.

von
Jérémy Santallo
Trent Weaver (à droite) aura disputé une rencontre officielle pour le BBC Monthey: pour un maigre bilan de 6 points et 5 rebonds en 33 minutes de jeu.

Trent Weaver (à droite) aura disputé une rencontre officielle pour le BBC Monthey: pour un maigre bilan de 6 points et 5 rebonds en 33 minutes de jeu.

KEYSTONE

En quarantaine depuis le 29 octobre, après l’annonce de deux cas positifs à la Covid-19 au sein de son effectif, le BBC Monthey n’est plus à l’isolement depuis samedi dernier. Mais la formation chablaisienne devra désormais se passer des services de l’Américain Trent Weaver, l’une de ses recrues estivales. En effet, l’athlète de l’Ohio «s’en est allé sans prévenir personne», expliquait le club du Reposieux dans un communiqué en fin de semaine dernière. Et, renseignements pris, il se trouve que l’histoire de son départ est plutôt rocambolesque…

«Il est parti comme un voleur et aujourd’hui, Trent est face à ses responsabilités»

Sevag Keucheyan, l’agent du joueur

Logé dans la villa mise à la disposition des joueurs étrangers de l’équipe, le pivot (2,02 m) a pris peur face à la situation sanitaire actuelle. Qui plus est après avoir appris que l’un des deux cas positifs se trouvait être un coéquipier qui vivait sous son toit. «Trent m’a contacté pour me dire qu’il voulait s’en aller, confie l’agent genevois Sevag Keucheyan, son représentant. Avec le club, on a essayé de le raisonner en lui expliquant qu’on ne vivait pas dans un pays folklorique, qu’il y serait bien protégé. Il a eu l’air réceptif et une entrevue entre les différentes parties était agendée mardi dernier pour évoquer le sujet.»

Cette discussion n’a jamais eu lieu. Car après avoir raccroché le téléphone, Trent Weaver a acheté son billet retour pour les États-Unis dans la nuit et s’est envolé par avion dès le lendemain, bernant au passage l’un de ses colocataires pour qu’il l’emmène à l’aéroport à Genève. «Il est parti comme un voleur et aujourd’hui, Trent est face à ses responsabilités, poursuit Sevag Keucheyan. Pour un joueur de son niveau, cela sera difficile de trouver un nouveau club prêt à payer pour les torts qu’il a causés en Valais. Mais si un président réclame sa lettre de sortie pour l’embaucher, Monthey pourra alors négocier les pertes occasionnées.»

Le même cas au BBC Nyon

Au bout du fil, l’agent le plus connu du basket suisse confesse que «l’affaire Weaver» n’est pas un cas isolé. «La semaine passée, Nolan Berry a quitté Nyon pour des raisons similaires, le même jour que Trent d’ailleurs. Mais il a été plus patient. On a pu discuter avec les dirigeants et cela s’est bien terminé. Là, je suis embêté car j’ai une très bonne relation avec le BBC Monthey et je sais que l’erreur vient de mon joueur. Le club serait dans son droit en réclamant une somme d’argent et pourrait gagner la bataille juridique, si elle devait avoir lieu. Mais j’espère que l’on trouvera un accord qui lui permette de ne pas être perdant.»

Team manager de l’équipe chablaisienne, Nicolas Oberholzer regrette bien évidemment la tournure des événements. «C’est difficile de s’opposer à un joueur qui a envie de rentrer au pays, mais il savait à quoi s’en tenir en venant en Suisse dans le contexte sanitaire actuel. Trent n’a pas fait les choses dans l’ordre pour l’équipe, le club, mais aussi pour lui et son futur. Son image va en prendre un coup, qui va vouloir l’engager après ça? Notre objectif, c’est de lui faire entendre qu’une somme d’argent importante a été dépensée pour sa venue et qu’il ne peut tout simplement pas partir comme ça.»

«Jonathan est un meilleur joueur que Trent, donc au final, le club ne sera pas perdant»

Sevag Keucheyan, l’agent du joueur

Et de poursuivre, sur l’aspect plus contractuel: «Il a cassé son contrat et failli à son devoir envers Monthey. On ne veut pas en arriver jusque devant le BAT (Basketball Arbitral Tribunal), mais quand quelqu’un agit de la sorte, tu peux envisager d’aller plus loin dans la démarche. Cependant, notre but à nous, au club, c’est de trouver un arrangement prochainement pour que l’on nous rembourse certains frais engagés (ndlr: on parle de quelques milliers de francs)», explique Nicolas Oberholzer, qui est allé chercher dimanche à la gare de Lausanne le successeur de Trent Weaver: Jonathan Galloway, en provenance de Croatie.

«C’était notre priorité, trouver l’élément qui allait le remplacer, et en ce sens, Sevag a facilité le contact avec le joueur. Jonathan Galloway est très autonome et a l’air d’être une belle personne. On espère qu’il pourra être en tenue dès mercredi à Bâle, même si cela tient du miracle étant donné que le délai pour qu’il soit qualifié est très court.» Sportivement parlant, il semblerait toutefois que Monthey ait plutôt gagné au change au sortir de cette histoire. «Jonathan est un meilleur joueur que Trent donc au final, le club ne sera pas perdant. J’en suis sûr», prédit même Sevag Keucheyan.

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23 commentaires
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Pippo

11.11.2020 à 19:14

J'ai toujours tellement de plaisir à lire les commentaires de tels articles, merci ! Ça part d'une histoire anodine dont tout le monde s'en fout et ça enchaîne sur du racisme anti usa, anti Valais, anti Geneve, anti démocrate ... Et je n'ai lu que le début. Encore merci, vous êtes trop forts !

Achille Parmentier

10.11.2020 à 11:20

Je lis le titre, le type vient "renforcer la raquette", on parle de tennis ou de basket ? En plus, on parle de la BBC à Monthey, je croyais qu'ils n'opéraient que dans le Commonwealth... Finalement, je comprends qu'il parte, la santé prime !! Bonne chance Trent !

le loup

10.11.2020 à 11:02

Cela prouve la mentalité usa, pas d honneur pas de parole rien à faire des autres