10.11.2020 à 18:18

Covid en IranA peine libre, l’avocate Nasrin Sotoudeh est infectée

L’avocate iranienne Nasrin Sotoudeh, lauréate du prix Sakharov du Parlement européen qui récompense des défenseurs des droits humains, a été testée positive au coronavirus alors qu’elle vient de sortir de prison.

En 2019, Nasrin Sotoudeh  a été encore condamnée à 12 ans de prison, «pour avoir encouragé la corruption et la débauche». 

En 2019, Nasrin Sotoudeh a été encore condamnée à 12 ans de prison, «pour avoir encouragé la corruption et la débauche».

AFP/archive

L’avocate iranienne et défenseure des droits humains Nasrin Sotoudeh a été testée positive au Covid-19 quelques jours seulement après sa sortie de prison, a annoncé mardi son mari.

«Nasrin a été testée positive aujourd’hui», écrit Réza Khandan dans un bref message publié sur son compte Facebook.

«Mercredi dernier, lors de la (…) rencontre que j’ai eue avec Nasrin à la prison, elle avait dit que le coronavirus s’était répandu dans son quartier et que (nombre de détenues) étaient tombées malades», indique-t-il.

«C’est la raison pour laquelle elle était pressée de faire avancer le processus de sa permission de sortie», ajoute M. Khandan, sans donner de précisions sur l’état de santé de son épouse.

Agée de 57 ans et lauréate du prix Sakharov du Parlement européen qui récompense des défenseurs des droits humains, Mme Sotoudeh est sortie de prison samedi après avoir bénéficié d’une autorisation de sortie temporaire.

Etat de santé dégradé

L’avocate et militante avait été incarcérée en 2018 après avoir défendu une femme arrêtée pour avoir manifesté contre l’obligation faite aux Iraniennes de porter le voile. Selon ses avocats, on lui avait alors signifié qu’elle avait été condamnée à cinq ans de prison par contumace pour espionnage.

En 2019, elle a été de nouveau condamnée, à 12 ans de prison, «pour avoir encouragé la corruption et la débauche».

Selon son mari, l’état de santé de Mme Sotoudeh s’est fortement dégradé en prison, où elle a été contrainte en septembre de mettre un terme à une grève de la faim de plus de 45 jours entamée pour obtenir la libération des détenus politiques pendant l’épidémie de Covid-19.

L’Iran est le pays du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie.

Depuis mars, plus de 100’000 détenus y ont bénéficié de permissions de sortie ou de remises de peine, afin de limiter la propagation de la maladie dans les prisons.

(AFP/NXP)

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