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ÉducationÀ quoi ça tient, un bon parent?

La sociologue Lorraine Odier a scruté les métamorphoses de la relation parent-enfant en s'appuyant sur les archives de l'École des parents, à Genève, fondée en 1950.

par
Geneviève Comby
Les parents des années 50 avaient pour priorités éducatives que leurs enfants soit bien nourris, bien habillés et se plient à l'autorité.

Les parents des années 50 avaient pour priorités éducatives que leurs enfants soit bien nourris, bien habillés et se plient à l'autorité.

Mirror/Mirrorpix/Alamy

Qu'attendait-on d'un «bon parent» dans les années 50? Qu'en attend-on aujourd'hui? Comment le regard porté sur la parentalité a-t-il évolué? La sociologue romande Lorraine Odier apporte quelques réponses après s'être penchée sur une expérience inédite, menée à Genève. Dans la Cité de Calvin, l'École des parents oriente et soutient les parents dans leur tâche éducative depuis 1950. Après en avoir décortiqué les archives, la chercheuse signe «Les métamorphoses de la figure parentale». Un travail de fourmi qui nous permet de pointer quelques-unes des évolutions marquantes dans la relation parent-enfant.

Une école des parents, pourquoi faire?

À l'origine du projet de l'École des parents à Genève, il y a huit femmes, médecins et psychologues. «Elles étaient soucieuses que l'éducation des enfants se fasse au mieux, explique Lorraine Odier. Dans les années 50, les parents que l'on considérait comme «défaillants» faisaient face à des décisions de mise sous tutelle ou de placement de leurs enfants. Ces femmes, aux idées novatrices, estimaient qu'il existait d'autres voies possibles, notamment l'éducation des parents.» Elles agissent alors avec le souci de préserver la relation entre la mère et son enfant. À l'époque, de nouveaux travaux scientifiques se focalisent en effet sur les conséquences dévastatrices de l'absence maternelle sur le développement de l'enfant. Même si ces textes ont été fortement discutés depuis, ils constituent alors une indéniable source d'inspiration.

La grande métamorphose parentale

Parmi les changements majeurs intervenus entre les années 50 et aujourd'hui, Lorraine Odier souligne l'importance accordée à l'éducation de l'enfant durant ses premières années. Dans les années 50, les préoccupations autour de l'effet de carences maternelles sur les capacités cognitives et relationnelles émergent, mais persiste l'idée d'une certaine fatalité. Autrement dit, les «travers» des parents se transmettraient aux enfants de manière héréditaire. «Aujourd'hui, on peut dire que la fatalité a beaucoup moins de place dans la conception que l'on a de la relation parent-enfant, ajoute la sociologue. Ce qui tend d'ailleurs à faire peser une pression assez forte sur les parents, concernant la qualité de la relation qu'ils peuvent développer avec leur enfant et sur toutes les répercutions qui lui sont attribuées quant à sa vie future, son épanouissement, que ce soit à l'école, dans sa vie amicale, affective, professionnelle, sexuelle, etc.»

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