Football: À Sion, Pablo Iglesias devra restaurer le lien de confiance

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FootballÀ Sion, Pablo Iglesias devra restaurer le lien de confiance

En débarquant à Tourbillon, l’ancien homme fort du Lausanne-Sport hérite d’un cahier des charges aussi diversifié que passionnant. Au-delà du choix des hommes, l’une des priorités consistera à rapprocher le club de sa base.  

par
Nicolas Jacquier
Avant d’être débarqué, Pablo Iglesias a été directeur sportif du LS entre février 2018 et juin 2020. 

Avant d’être débarqué, Pablo Iglesias a été directeur sportif du LS entre février 2018 et juin 2020. 

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Dans un club en évident manque de stabilité, Pablo Iglesias sera-t-il l’homme capable d’apporter au FC Sion un semblant de pérennité? Demeuré sur la touche durant 24 mois après son inélégante mise à pied à la Pontaise (où il avait dû céder sa place et son bureau à Souleymane Cissé), l’ancien homme fort du LS possède le profil d’un emploi semble-t-il taillé pour lui.

À ses compétences footballistiques s’ajoutent un regard passionné et un enthousiasme de nature à réveiller une institution souffrant d’un décalage grandissant entre l’image qui s’en dégage - celle d’un club s’étant progressivement détaché de sa base - et la réalité fantasmée.

Compensant le départ inattendu de Gelson Fernandes, Iglesias doit incarner tout ce qu’il a manqué au FC Sion ces dernières années. Cela fait peut-être beaucoup pour un seul homme, mais la stratégie appelée à être mise en place pour compenser les manquements répertoriés doit servir de précieux fil rouge et blanc à dérouler. Sa tâche est certes aussi multiple que complexe mais elle est surtout passionnante dans un cahier des charges qui embrasse large.

Trouver des éléments qui ont faim

Il lui faudra pour cela restaurer d’abord le lien de confiance avec des supporters trop souvent floués sur la marchandise. Rétablir un lien fort avec le public, c’est aussi éviter de reproduire les erreurs du passé. Ancrer le club de Tourbillon dans un contexte plus local ne signifie bien sûr pas faire son marché uniquement devant sa porte. Il faut «simplement» miser sur des éléments ayant faim, prêts à s’investir réellement dans le projet.

Si Sion a autant galéré ces dernières saisons, c’est parce qu’il a négligé la question pourtant primordiale de l’identification à l’esprit des lieux. On ne bâtit pas une équipe et un état d’esprit en empilant les transferts effectués au petit bonheur la chance, conséquence d’un recrutement trop souvent «tape-à-l’œil». À Tourbillon, l’enracinement et le simple bonheur de pouvoir y exercer son métier dans un décor splendide doivent s’imposer comme des données de base à ne plus glisser sous le tapis. Cela suppose à la fois un contexte  épanouissant pour s’y exprimer et un plaisir du jeu à retrouver sur le terrain…

Les pleins pouvoirs?

Au moment où Christian Constantin évoque son désengagement à moyen terme, l’autre question concerne le réel pouvoir dont disposera son nouveau «directeur du football» – terme générique qui veut à la fois tout et rien dire. Pablo Iglesias aura-t-il les mains suffisamment libres pour imposer des réformes devenues indispensables? À l’heure de la reprise, ses premières décisions seront scrutées avec intérêt, elles indiqueront surtout si le transfuge de la Pontaise dispose des pleins pouvoirs opérationnels. 

Dans un environnement qu’il a pu découvrir depuis plusieurs semaines, n’ayant de surcroît rien à voir avec celui de la galaxie Ineos qu’il a connue à Lausanne, Iglesias devra prouver qu’à la Porte d’Octodure, non, tout n’est pas qu’un éternel recommencement. Faute de quoi, l’homme pourrait toujours jouer les dépanneurs de service jusque sur le banc… 

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