Football - À Sion, place au temps des accusations
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FootballÀ Sion, place au temps des accusations

Les Valaisans se sont lâchés à l'interview après avoir explosé en fin de match à Vaduz (3-0). En sous-texte, un malaise et des questionnements.

par
Florian Vaney
Sport-Center

Le «fighting spirit» à la mode valaisanne a du plomb dans l'aile. En premier lieu parce qu'il ne se repère que timidement sur le terrain. Dimanche par exemple, le FC Sion l'a laissé aux vestiaires à la mi-temps, ce qui l'a conduit tout droit à la tombe. En second lieu parce que les Sédunois ont tout misé là-dessus pour s'en sortir cette saison, ce qui n'est décemment pas une option raisonnable, surtout lorsqu'on le manie avec autant de peine.

Si on fait le compte pour la Super League, on en est donc à huit équipes qui disposent d'un plan de jeu et d'une identité plus ou moins claires et lisibles, le FC Bâle qu'on ne sait pas trop où ranger, et Sion. À ce titre, certains aimeraient caser Vaduz dans la même catégorie que les Sédunois. On s'excuse, mais non. Vaduz, c'est un potentiel limité, un «fighting spirit» pas démesurément au-dessus de la moyenne du championnat suisse, mais surtout un véritable projet de jeu. Simple peut-être. Attendu assurément. Mais efficace.

Autrement dit, ces Liechtensteinois qui cherchent sans cesse le centre compliqué à gérer, la balle arrêtée pour faire la différence et qui jouent chaque coup offensif en suivant une direction préétablie, ont des années d'avance sur Sion. Alors même qu'on parle du 9e de Super League. Et le souci, c'est que cela n'est probablement pas voué à changer.

Surtout, ne rien construire

Marco Walker l'a encore dit après le revers mortifiant de dimanche: «Il n'est pas question de parler tactique pour changer les choses. Ce qu'il faut, c'est en faire plus, et s'arranger pour que le ballon finisse au fond d'une manière ou d'une autre.» Surtout donc, ne rien construire. Et tabler sur des principes qui n'ont pour l'instant clairement pas l'air de se suffire à eux-mêmes. Pire, qui ne prennent pas. Sinon, comment ses hommes auraient-il pu craquer en encaissant trois buts dans le dernier quart d'heure deux fois de suite?

Lire ici notre compte-rendu de la rencontre.

Mais à l'heure des accusations, le coach du FC Sion est-il vraiment le coupable? Ou faut-il blâmer son employeur d'avoir misé dessus? Un choix parfaitement volontaire, en toute connaissance du profil du nouveau technicien. Il est permis de se questionner, de se demander si Christian Constantin n'a pas vu son idée d'un entraîneur principalement calé en «bataille physique» et en «combat» un peu trop belle, après avoir lui-même cueilli le dernier succès de son équipe en misant sur ces principes (1-3, le 7 mars contre le Lausanne-Sport). Après tout, la formule avait fonctionné la saison dernière en embauchant Paolo Tramezzani pour le sprint final.

L'erreur est peut-être là. Avoir voulu faire comme la saison passée. Alors même que les hommes, sur le banc et sur le terrain, ne sont plus les mêmes. Alors même surtout qu'aucun leader n’émerge pour montrer la voie. Mais comment en vouloir à une équipe à qui l'on ne donne aucune base, aucun point de départ sur lequel s'appuyer.

C'est sans doute à partir de cette situation, mélange de confusion et de frustration, que les temps ont changé. Aujourd'hui à Sion, celui des excuses (les quarantaines, les blessures, la latte de Jan Bamert en début de match dimanche que personne n'a évoqué plus tard...) est révolu. Place à celui des accusations.

«Une équipe? Quelle équipe?»

Matteo Tosetti s'est lâché le premier dans la Principauté, évoquant «les mêmes erreurs dont on n'apprend pas, qu'on commet toujours et encore», à la suite de la prestation «d'une équipe stupide». Kevin Fickentscher est allé encore plus loin. «Une équipe? Je ne suis pas sûr qu'on puisse parler d'équipe...», a soufflé le dernier rempart valaisan, avant de constater que «tout le monde n'aimait pas le club de la même façon».

Des mots durs, oui. Des mots forts, pas vraiment. Cela signifierait qu'ils auraient le pouvoir d'éveiller un sentiment de révolte au sein du groupe, ce dont il est permis de douter. Le discours du président avant le duel à Vaduz, osant la métaphore du tsunami de 2004 avec la situation actuelle du FC Sion en Super League, n'a en tout cas pas produit l'effet escompté.

Les Valaisans ne peuvent ni compter sur de beaux discours, ni sur un projet de jeu abandonné. Il faudra vraiment trouver un moyen de donner de l'allure à ce «fighting spirit»...

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