Football - «A YB, la culture de la gagne se vérifie aussi à l’entraînement»
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Football«A YB, la culture de la gagne se vérifie aussi à l’entraînement»

Jeune «centenaire» en Super League, le Valaisan Quentin Maceiras pourrait fêter dès dimanche son premier titre de champion. Il évoque son acclimatation et ce qui a changé pour lui.

par
Nicolas Jacquier
Quentin Maceiras échappe à Miro Muheim. Contre Saint-Gall, le défenseur valaisan a disputé son 100e match dans l’élite.

Quentin Maceiras échappe à Miro Muheim. Contre Saint-Gall, le défenseur valaisan a disputé son 100e match dans l’élite.

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A 25 ans, Quentin Maceiras enchaîne ces temps-ci les week-ends particuliers. Dimanche passé, le latéral droit du Wankdorf avait disputé contre Saint-Gall son 100e match de Super League. En cette fin de semaine, il pourrait bien fêter avec Young Boys (en cas de victoire contre Lugano) son premier titre de champion de Suisse, le quatrième obtenu consécutivement par le club bernois.

Quentin Maceiras, comment le jeune «centenaire» que vous êtes se porte-t-il?

Pas mal du tout. C’est un cap qui ne peut que me motiver à en franchir d’autres. J’avais l’espoir de le fêter la semaine précédente déjà à Tourbillon, mais j’étais suspendu.

Vous souvenez-vous de votre premier match en Super League?

Bien sûr, je ne pourrai jamais l’oublier. J’avais disputé la dernière minute contre Lucerne (ndlr: 25 mai 2016) et... je n’avais touché aucun ballon! J’avais ensuite dû patienter une saison entière avant d’avoir l’opportunité de rejouer en première équipe. Je m’entraînais la semaine avec les pros et le week-end venu, je redescendais évoluer avec les M21 dont j’étais le capitaine. J’ai pris plus de temps que certains pour m’imposer, mais avec le recul, je me dis que c’était un mal pour un bien. J’ai eu une progression plus linéaire.

Ce dimanche déjà, Young Boys peut aller chercher un nouveau titre…

En plus, c’est à domicile. Pour moi, ce serait mon premier chez les pros, c’est dire si je suis impatient. Jusqu’à maintenant, mon palmarès se limite à une Coupe de Suisse remportée avec les M18 du FC Sion contre Servette.

«Mon concurrent direct, je veux qu’il soit bon. Et moi, je sais que je dois être meilleur que lui si je veux être à sa place»

Quentin Maceiras, défenseur d’YB

Encore plus que lors des saisons précédentes, il y a vous et les autres... Vu de l’intérieur, qu’est-ce qui rend YB irrésistible, tellement au-dessus du lot?

Cela commence par la structure du club. Dans sa position, chacun sait ce qu’il doit faire. Il y a aussi la richesse du contingent, où tous les postes sont doublés. On pourrait quasiment composer deux équipes d’égale valeur. Cette concurrence interne crée une stimulation qui oblige à donner chaque fois le maximum, car elle interdit tout relâchement. Mon concurrent direct, je veux qu’il soit bon. Et moi, je sais que je dois être meilleur que lui si je veux être à sa place. Cela me pousse à en faire plus et à progresser.

Par rapport à ce que vous aviez connu jusqu’à présent, quel est le changement le plus notoire?

La qualité globale, le niveau d’intensité des entraînements. A Sion, j’étais considéré comme un joueur physique, c’était en tout cas l’une de mes qualités. Or, en arrivant ici, je ne faisais plus la différence physiquement, j’ai compris qu’il allait falloir en faire beaucoup plus. Après mes premiers entraînements, j’étais à chaque fois sur les rotules.

YB, c’est aussi une culture de la gagne…

Oui, et à YB, la culture de la gagne se vérifie aussi à l’entraînement chaque jour. Même dans un petit jeu, personne ne veut perdre, on déteste ça. Quand j’avais discuté avec Christoph Spycher, le directeur sportif, lors de mon transfert, son discours avait été très clair: il cherchait des joueurs ambitieux et de caractère, qui veulent tout gagner et continuellement. D’ailleurs, ce n’est pas parce que l’on serait officiellement sacré champion ce dimanche que l’on s’arrêterait de vouloir gagner lors nos prochains matches. Notre but, c’est de terminer avec la plus grande avance possible.

«Ce qui se passe à Sion me fait mal au ventre»

Avec Young Boys, Maceiras trône très confortablement au sommet de la hiérarchie helvétique. A l’autre extrémité du classement, il y a le FC Sion, que le défenseur valaisan avait quitté en août dernier pour s’engager quatre ans avec le club de la capitale. Il ne regrette bien évidemment pas son choix, mais la situation sportive dans laquelle se démène le FC Sion chagrine l’ancien joueur de Tourbillon. «Ce qui se passe à Sion me fait mal au ventre, observe-t-il avec désolation. C’est triste de voir où en est l’équipe. J’espère que les gars vont réussir à s’en sortir. Il reste suffisamment de points en jeu pour se sauver et accrocher au moins la place de barragiste.»

Avec Sion, Maceiras a disputé un total de 97 matches (3 buts). Il n’a rien oublié de ce qu’il a vécu à la Porte d’Octodure. «Il faut être reconnaissant. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est aussi grâce à Sion que je le dois. Et ça, je ne l’oublie pas.»

Cette première saison dans la capitale est-elle conforme à ce que vous en attendiez?

Oui, je pense que j’ai même franchi un palier supplémentaire au niveau de la confiance. J’arrive davantage à me montrer offensivement et à savoir quand je dois faire les choses. Je suis aussi devenu moins chien fou, peut-être parce que je gère mieux mes émotions.

«Il a fallu m’adapter à un nouveau vestiaire. Je me souviens m’être parfois demandé si j’avais vraiment le niveau»

Quentin Maceiras, défenseur d’YB

Lors de vos débuts bernois, l’adaptation n’avait pas toujours été facile…

En quittant Sion, je quittais en même temps ma zone de confort dans laquelle j’avais toujours évolué. Du jour au lendemain, je n’avais plus le même statut. Il a fallu m’adapter à un nouveau vestiaire. Je me souviens m’être parfois demandé si j’avais vraiment le niveau. Dans mes moments de doute, j’ai pu compter sur le précieux soutien des dirigeants bernois. Christoph Spycher et le coach m’ont rassuré, m’expliquant qu’ils misaient sur moi sur un projet à long terme (ndlr: le latéral valaisan a signé jusqu’en juin 2024).

En attendant, vous avez déjà disputé 21 matches avec YB, dont 16 en championnat. Ce n’est pas rien, non?

En arrivant, je ne m’étais fixé aucun objectif personnel. La réalité, c’est que je joue effectivement de plus en plus, surtout dans cette deuxième partie de saison. Avec l’enchaînement des matches dans les différentes compétitions, jouer en moyenne un match sur deux à YB est l’équivalent d’une situation normale vécue ailleurs. Je n’en suis pas à me plaindre, c’est même tout l’inverse. Moi, ce que je désire, c’est continuer à gagner des titres afin de pouvoir disputer des matches européens. Tant on atteint là une autre dimension…

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