États-Unis: Abandon des poursuites contre un ex-ministre mexicain
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États-UnisAbandon des poursuites contre un ex-ministre mexicain

Arrêté le 15 octobre à Los Angeles, l’ex-ministre mexicain de la Défense Salvador Cienfuegos va être rapatrié après l’abandon des poursuites aux États-Unis.

Salvador Cienfuegos a été ministre du président Enrique Pena Nieto de 2012 à 2018.

Salvador Cienfuegos a été ministre du président Enrique Pena Nieto de 2012 à 2018.

AFP

Une juge fédérale américaine a entériné mercredi l’abandon des poursuites aux États-Unis contre l’ex-ministre de la Défense Salvador Cienfuegos, qui va être rapatrié au Mexique comme annoncé la veille par les ministres de la Justice américain et mexicain.

Tout en soulignant que le général de 72 ans était visé par «des accusations graves», la juge fédérale de Brooklyn Carol Amon a souligné que la décision inhabituelle d’abandonner les poursuites avait été prise «au plus haut niveau», et ajouté n’avoir «aucune raison de douter de la sincérité de la position du gouvernement» américain. La juge a demandé au général de confirmer qu’il avait accepté les termes de son rapatriement au Mexique – ce qu’il a fait lors de la brève audience. «Je suis d’accord», a-t-il déclaré en espagnol.

Le ministère américain de la Justice avait annoncé mardi sa décision, en accord avec son homologue mexicain, d’abandonner les poursuites américaines au nom du «partenariat» entre les deux pays et pour permettre aux autorités mexicaines de mener leur propre enquête contre le général à la retraite. La date du retour de Salvador Cienfuegos au Mexique, qui doit être rapatrié sous escorte d’agents fédéraux américains, n’a pas été immédiatement précisée.

Pots-de-vin d’un cartel

Salvador Cienfuegos, ministre du président Enrique Pena Nieto de 2012 à 2018, avait été arrêté le 15 octobre à Los Angeles, ce qui avait profondément irrité le gouvernement mexicain, pris par surprise. Un juge lui avait ensuite signifié son inculpation pour trafic de drogues et blanchiment d’argent en vertu d’un acte d’accusation resté sous scellés jusque-là.

Il est soupçonné d’avoir perçu des pots-de-vin du cartel H-2, présent dans les États mexicains de Sinaloa et de Nayarit, en échange de sa protection entre 2015 et 2017. L’ancien ministre avait plaidé non coupable, et risquait, en cas de condamnation, un minimum de 10 ans de prison. Mais malgré les assurances des autorités mexicaines, selon lesquelles le retour du ministre au Mexique ne serait pas synonyme d’impunité, certains experts étaient sceptiques.

«Le général va rentrer à la maison avec tous ses secrets, pour des raisons peu claires», a estimé Adam Isacson, spécialiste des questions de sécurité latino-américaines au centre Washington Office on Latin America. «La DEA (l’agence américaine de lutte contre les drogues) et les enquêteurs du Ministère de la justice doivent être furieux.»

À l’annonce de l’arrestation de Salvador Cienfuegos, le président mexicain Andrés Manuel López Obrador (AMLO), proche allié de Donald Trump, avait jugé l’affaire «déplorable». «C’est un signe sans équivoque de la décomposition du régime à cette époque», avait ajouté ce président de gauche, arrivé au pouvoir en décembre 2018.

(AFP/NXP)

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