Etats-Unis: Abbott présente ses excuses pour la pénurie de lait pour bébé
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États-UnisAbbott présente ses excuses pour la pénurie de lait pour bébé

Devant le Congrès américain, un responsable de l’entreprise Abbott s’est engagé à ce qu’une telle pénurie de lait pour bébé «ne se reproduise plus jamais».

Une première cargaison de lait est arrivée dimanche, avec plus de 31 tonnes de boîtes de lait.

Une première cargaison de lait est arrivée dimanche, avec plus de 31 tonnes de boîtes de lait.

AFP

«Nous vous avons laissé tomber»: un haut responsable de l’entreprise Abbott a présenté mercredi ses excuses aux parents confrontés à des pénuries de lait pour bébé aggravées par la fermeture d’une usine du groupe américain que les autorités sanitaires ont qualifié d’insalubre.

«Nous sommes profondément désolés et nous nous engageons à faire en sorte qu’une pénurie comme celle-ci ne se reproduise plus jamais», a promis Christopher Calamari, le directeur exécutif d’Abbott Nutrition lors d’une audition devant une commission du Congrès. «Cela prendra du temps» pour regagner la confiance des familles, a-t-il poursuivi tout en soulignant que le groupe faisait tout ce qu’il pouvait pour résoudre cette crise.

Les États-Unis connaissent depuis plusieurs mois une pénurie de lait pour bébé, causée par des problèmes d’approvisionnement et de main-d’œuvre liés au Covid-19, puis aggravée par la fermeture, en février, d’une usine du fabricant Abbott dans le Michigan, après un rappel de produits soupçonnés d’avoir provoqué la mort de deux nourrissons.

«Choquants»

«Franchement, les résultats de l’inspection étaient choquants», a témoigné de son côté Robert Califf le patron de l’agence américaine du médicament (FDA). Il a cité «de l’eau stagnante dans des équipements clé qui présentent un potentiel de contamination bactérienne», des «fuites sur le toit» ou encore une hygiène de base comme le lavage des mains laissant à désirer.

Selon lui, ses équipes ont conclu à une faible culture de la sécurité pour la fabrication d’un produit pourtant «essentiel» et vital pour «les personnes les plus précieuses». «Nous continuons de croire qu’il n’y a aucune preuve concluante pour lier nos produits» aux maladies infantiles et aux décès imputés à la bactérie Cronobacter sakazakii, qui a été trouvée dans une zone de l’usine d’Abbott à Sturgis, a pourtant déclaré le dirigeant d’Abbott.

Il a insisté sur le fait que les échantillons positifs à cette bactérie «ne provenaient pas de zones en contact direct» avec les boîtes de lait pour bébé. L’usine de Sturgis est l’une des plus grandes usines de préparations pour nourrissons des États-Unis, y compris pour les laits spécialisés utilisés pour les enfants atteints de certaines conditions métaboliques ou allergiques.

«Pas le choix»

L’agence américaine du médicament (FDA) a indiqué de son côté qu’elle avait effectué une série de 24 visites à Sturgis dont la dernière le 18 mars dernier. «Nous savions que l’arrêt des activités de l’usine créerait des problèmes d’approvisionnement, mais nous n’avions pas le choix (de demander à fermer l’usine) compte tenu des conditions insalubres», a insisté Robert Califf.

Pour sa part, il a reconnu que ses services avaient été lents au démarrage. Mais il a imputé certains problèmes au Covid. La FDA n’a pas pu commencer son enquête avant fin janvier en raison d’employés testés positifs au Covid-19 dans l’usine Abbott. Le déroulement de la procédure de la FDA a été «trop lente» et il y a eu un manque de coordination. Mais, a-t-il noté, il n’y a pas eu de «retard intentionnel».

Cette crise est telle que le président Joe Biden avait annoncé la semaine dernière la mise en place d’un pont aérien et le recours à une loi datant de la Guerre froide pour notamment importer du lait de l’étranger. Mercredi, la première dame Jill Biden est allée saluer l’arrivée de la deuxième cargaison du précieux lait à l’aéroport international de Dulles, près de Washington. Une première cargaison était arrivée dimanche contenant plus de 31 tonnes de boîtes de lait.

(AFP)

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