08.04.2020 à 13:58

Aborder le thème de la distance de façon inédite

Culture

Pro Helvetia lance un appel à candidatures pour trouver des nouveaux formats culturels dans le contexte de la pandémie du Covid-19.

Philippe Bischof, directeur de Pro Helvetia.

Philippe Bischof, directeur de Pro Helvetia.

Keystone

Sous le nom de «Close Distance», Pro Helvetia lance un appel à candidatures pour faire émerger de nouveaux formats culturels ne dépendant pas de la mobilité. Philippe Bischof, son directeur, réfléchit aussi au financement de la culture après la pandémie.

En un rien de temps, le Covid-19 a radicalement limité la mobilité. Cette situation exceptionnelle requiert aussi des solutions nouvelles pour la scène artistique, estime Pro Helvetia dans sa newsletter du mois d'avril.

Quelles stratégies créatives et formats alternatifs sont envisageables face à une mobilité restreinte? Quel rôle la technologie peut-elle jouer dans ce contexte et quels réseaux culturels et sociaux sont-ils pertinents? Toutes les disciplines, encouragées par Pro Helvetia, sont appelées à répondre à ces questions, c'est-à-dire le design, les médias interactifs, la littérature, la musique, la danse, le théâtre, les arts visuels ainsi que les projets interdisciplinaires.

Repenser la mobilité

À l'aide de contributions uniques d'un montant maximum de 50'000 francs, Pro Helvetia est intéressé par des formats alternatifs qui utilisent de nouvelles façons de créer et d'échanger. «Nous pouvons en financer 5 à 7 de cette envergure, mais une douzaine de projets plus petits est aussi envisageable», a expliqué à Keystone-ATS Philippe Bischof, le directeur de Pro Helvetia.

La présence de ces nouveaux formats «découlent du besoin de présence physique dans l'espace numérique». Pour le manager, la crise ne fait qu'accentuer des problèmes que la scène culturelle connaît depuis des années: «avant la pandémie, nous parlions déjà de mobilité, de durabilité du travail artistique et de rémunérations équitables».

«Le marché culturel est mondialisé. Les artistes passent beaucoup de temps à voyager. Et ils ont à peine le temps de s'engager dans des rencontres ou des recherches plus approfondies». L'homme de théâtre en sait quelque chose: «Peut-on continuer de cette manière?», se demande-t-il.

Il serait plus logique de considérer ce qu'une production théâtrale, musicale ou de danse a à voir avec son contexte ou son lieu d'origine, au lieu que les mêmes troupes de théâtre jouent dans les festivals du monde entier. «C'est discutable en termes de diversité et d'écologie», selon Philippe Bischof.

Pour le directeur de Pro Helvetia, l'art et la culture devraient apporter une contribution particulière à la société. «Une société négocie ses valeurs par la culture. Et la culture apporte une contribution centrale au développement de la démocratie». Un tel échange a besoin d'une proximité publique et finalement humaine: «Après la distanciation qui prévaut pendant la pandémie, la culture devra à nouveau rassembler les gens».

Financement adéquat

Pour remplir cette fonction démocratique, la culture doit reposer sur une base financière solide. Si une institution est sur la corde raide, elle ne peut pas se concentrer sur son travail: «Cette dépendance d'un succès constant est effrayante».

Le secteur culturel développe actullement une grande créativité pour exister sur le Net, salue le directeur. Mais la tendance à rendre tout disponible gratuitement ne devrait être que de courte durée. Pour lui, le crowdfunding ou les plateformes qui offrent la possibilité de faire des dons sont essentiels: «Le travail artistique doit être payé de manière appropriée».

(ats)

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