Suisse - Accord-cadre avec l’UE: l’usam présente son plan B
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SuisseAccord-cadre avec l’UE: l’usam présente son plan B

Pour l’Union suisse des arts et métiers, la Suisse doit dynamiser son marché intérieur et se concentrer sur sa compétitivité internationale en cas d’échec de l’accord.

par
Christine Talos
Fabio Regazzi, président de l’usam.

Fabio Regazzi, président de l’usam.

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L’Union suisse des arts et métiers (usam) tient à ce que la Suisse ait accès au marché intérieur de l’UE. Mais pas à n’importe quel prix. Cet accès doit accroître la compétitivité de la Suisse. Il ne peut donc pas s’accompagner de l’adoption d’une réglementation européenne coûteuse et de l’abandon des atouts et de la souveraineté suisses», a expliqué l’organisation faîtière des PME helvétiques lundi lors d’une conférence de presse à Berne.

Le conseiller national Fabio Regazzi, président de l’usam, estime que l’actuel projet d’accord-cadre institutionnel avec l’UE est inadapté, notamment en raison du rôle de la Cour de justice européenne dans le règlement des litiges, des mesures d’accompagnement pour la protection du marché du travail ou encore la directive relative au droit des citoyens de l’Union. La faîtière préconise donc la modernisation de l’accord de libre-échange de 1972, dans l’intérêt aussi de l’UE. «La Suisse est un client de l’UE, un importateur net de divers pays, et elle constitue le 9e marché d’exportation de l’Allemagne. Il n’est pas dans l’intérêt de l’UE de claquer ses portes», rappelle-t-elle dans son communiqué. Et avec le «milliard de cohésion», la Suisse dispose au final d’un levier qui doit être utilisé.

«Dynamiser le marché intérieur»

Du coup, l’usam a présenté son plan en cas d’échec des négociations. «Un accord institutionnel approprié ne constitue que l’un des moyens de renforcer la compétitivité de la Suisse. La véritable voie royale passe par la dynamisation du marché intérieur, en combinaison avec le positionnement international de la Suisse dans un environnement concurrentiel», a déclaré le directeur de l’usam, Hans-Ulrich Bigler.

Pour l’économie suisse, le moyen le plus efficace de promouvoir la compétitivité et la productivité des entreprises passe par l’introduction du frein aux coûts de la réglementation, a expliqué le directeur Hans-Ulrich Bigler. Les projets de loi entraînant des coûts réglementaires particulièrement élevés ou concernant plus de 10’000 entreprises devraient être soumis au Parlement, selon le plan de l’usam.

«Les coûts de la réglementation sont évalués actuellement à 70 milliards de francs par an. Les entreprises ne peuvent en rien influencer ces coûts, pas plus qu’elles ne peuvent les compenser par des économies dans d’autres domaines», explique Hans-Ulrich Bigler. «Le simple fait d’éviter ces coûts inutiles permettrait d’accroître la productivité dans l’ensemble de l’économie», estime-t-il.

Flexibilisation du travail

L’adaptation du droit du travail aux besoins actuels constitue une autre pierre angulaire du programme de dynamisation, selon l’usam. «La flexibilité du marché du travail est l’un des principaux atouts de la place économique suisse. Elle est toutefois bridée par les mesures de protection rigides de la loi sur le travail», rappelle la faîtière. Elle demande donc une adaptation du droit du travail pour qu’il soit adapté aux réalités d’un monde du travail de plus en plus numérisé et flexible. L’équilibre des assurances sociales doit en outre être rétabli en alignant leurs prestations sur leur financement.

Positionnement international

André Berdoz, vice-président de l’usam, souligne de son côté que la Suisse était un partenaire international intéressant dans les domaines du commerce des marchandises, des investissements, de la recherche et de l’éducation, et qu’à ce titre, elle pouvait négocier de nouveaux accords de libre-échange ou moderniser les accords existants. «En tant que 5e économie mondiale, le Royaume-Uni, vis-à-vis duquel la Suisse est un exportateur net, est également intéressant».

Le vice-président rappelle que les freins aux dépenses et à l’endettement font partie du modèle de réussite suisse. «La Suisse n’est pas le seul pays à appliquer cette politique. Une alliance de pays partageant les mêmes idées pourrait faire valoir ses préoccupations auprès des instances internationales et bloquer les initiatives contraires», estime-t-il. «Une voie par laquelle la Suisse pourrait faire face à long terme un éventuel échec des négociations sur l’accord-cadre avec l’UE», ajoute-t-il.

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