Actualisé 07.02.2018 à 19:29

AllemagneAccord entre Merkel et les sociaux-démocrates

Le parti de la chancelière allemande et les sociaux-démocrates sont enfin tombés d'accord pour gouverner.

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Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

Le Bundestag allemand a élu mercredi Angela Merkel chancelière pour un quatrième mandat. La dirigeante conservatrice a obtenu 364 voix sur 688 votes valables à la chambre basse du parlement. (Mercredi 14 mars 2018)

AFP
Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

Le parti social-démocrate lance une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Merkel. (Samedi 17 février 2018)

AFP
L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

L'Allemagne doit cesser de donner des leçons budgétaires aux autres pays européens. C'est le credo défendu par le futur ministre allemand des finances Olaf Scholz (photo) dans une interview publiée samedi. (10 février 2018)

Keystone

La chancelière Angela Merkel a salué mercredi la perspective d'un gouvernement «stable» en Allemagne après son accord au forceps avec les sociaux-démocrates. Cette alliance lui a coûté très cher, mais lui ouvre les portes d'un quatrième mandat.

«Je suis convaincu que ce contrat de coalition (...) est le fondement du gouvernement stable dont notre pays a besoin et que beaucoup dans le monde attendent de nous», a insisté la dirigeante conservatrice( CDU/CSU) à l''issue d'un dernier round de 24 heures de tractations sans interruption à Berlin.

Face aux réticences du SPD à s'allier à nouveau avec elle, les démocrates-chrétiens ont dû faire de nombreuses concessions. Les sociaux-démocrates obtiennent plusieurs ministères-clés, dont celui des Finances.

Cela marque une rupture avec l'héritage du très orthodoxe Wolfgang Schäuble, conservateur et titulaire du poste pendant huit ans jusqu'à fin 2017. Ce ministère devrait revenir à Olaf Scholz, maire de la deuxième ville du pays, Hambourg, et figure respectée au sein du SPD.

«Je veux bien admettre que la question de qui obtient quel ministère n'a pas été simple», a reconnu Mme Merkel. «Ouh là là...au moins on a gardé la chancellerie», a ironisé sur twitter d'un ton amer un des députés de Mme Merkel, Olav Gutting.

Schulz quitte la présidence du SPD

L'ancien président du parlement européen et dirigeant social-démocrate, Martin Schulz, a lui confirmé mercredi soir qu'il visait le ministère des Affaires étrangères.

Une volte-face pour celui qui fin 2017 proclamait encore qu'il ne participerait jamais à un gouvernement d'Angela Merkel. Il a aussi annoncé qu'il allait quitter la présidence du SPD pour passer le relais à la cheffe du groupe parlementaire Andrea Nahles, 47 ans.

Réforme de l'assurance-maladie

La CSU, l'aile la plus à droite de la famille politique d'Angela Merkel, récupère un super-ministère de l'Intérieur, de la Construction et de la Patrie. Un gage à l'adresse de l'électorat le plus conservateur. Ce parti n'a cessé depuis deux ans de dénoncer la politique migratoire généreuse de la chancelière

La chancelière se devait d'arracher un accord pour rester au pouvoir. Les élections législatives de septembre, marquées par un repli des partis traditionnels et une percée de l'extrême droite, n'ont pas permis de dégager une majorité claire à la chambre des députés.

Les discussions ont longtemps buté sur le niveau des dépenses militaires mais surtout sur la réforme de l'assurance-maladie en Allemagne, pour réduire les inégalités entre médecine publique et privée, et le marché du travail.

Obstacle de taille

Le projet de contrat de coalition prévoit que le prochain mandat de la chancelière, théoriquement jusqu'à l'automne 2021, soit placé sous le signe de la relance de l'Europe, au diapason des priorités du chef de l'Etat français Emmanuel Macron. Il accepte prudemment l'idée française d'un budget d'investissement pour la zone euro et d'une meilleure protection des pays membres face aux crises financières.

Pour entamer son nouveau mandat à 63 ans, la chancelière devra encore franchir un obstacle de taille avec un vote prévu sur le contrat de coalition des quelque 460'000 militants du SPD, dont le résultat est attendu début mars. Et ils sont très divisés sur l'idée même d'une alliance avec la droite, au moment où leur parti ne cesse de plonger dans les sondages.

Pour tenter d'amadouer ses militants, Martin Schulz a obtenu que l'accord de gouvernement inclue une clause de réévaluation au bout de deux ans, une manière de mettre Angela Merkel en sursis dès le début de son mandat. «Nous allons maintenant convaincre les militants qu'on a négocié un très bon accord», a dit M. Schulz mercredi.

Un rejet du contrat de coalition mettrait la chancelière face à un choix difficile: former un instable gouvernement minoritaire ou accepter de nouvelles élections, deux scénarios inédits dans l'Allemagne d'après-guerre.

Ministères partagés

Le ministère allemand des Finances, chasse gardée depuis huit ans des conservateurs d'Angela Merkel, est promis à l'avenir aux sociaux-démocrates, selon le contrat de coalition entre ces deux partis dont l'AFP a obtenu une copie.

Les sociaux-démocrates allemands obtiennent aussi à l'issue d'un mois de négociations difficiles le ministère des Affaires étrangères, du Travail, de la Famille, de la Justice et de l'Environnement.

Les démocrates-chrétiens (CDU) d'Angela Merkel contrôleront la Défense, l'Economie et l'énergie, la Santé, l'Education et l'Agriculture. Leurs alliés bavarois (CSU) seront à la tête d'un ministère de l'Intérieur et de la Patrie, un autre réunissant les transports et le numérique et le ministère du Développement et de la coopération économique.

(ats/afp)

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