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Guerre en UkraineAccueil de réfugiés: «Les Suisses seront prêts à la solidarité»

Le Conseil fédéral a précisé sa position vendredi et a affirmé qu’il se tenait prêt à venir en aide aux Ukrainiens.

par
Yannick Weber
Des Ukrainiens franchissent surtout la frontière polonaise, mais entrent aussi en Slovaquie ou, comme ici, en Hongrie.

Des Ukrainiens franchissent surtout la frontière polonaise, mais entrent aussi en Slovaquie ou, comme ici, en Hongrie.

AFP

«On ne laissera pas tomber les Ukrainiens.» Karin Keller-Sutter, ministre de la justice, s’est montrée directe, vendredi, lors d’une nouvelle conférence de presse, au lendemain d’un premier rendez-vous face à la presse qui avait été critiqué: jeudi, Ignazio Cassis a fait un discours avant de filer, laissant le soin à des membres de l’administration de se débattre avec les questions des journalistes, auxquelles peu de réponses claires et directes avaient été apportées. 

«Hier était peut-être le premier jour d’une nouvelle ère», a dit sur un ton grave le président de la Confédération Ignazio Cassis, indiquant que l’ambassade de Suisse a Kiev était évacuée, n’y laissant que «six ou sept» personnes pour assurer un service minimum. Conserver une présence en Ukraine fait partie de la stratégie du Conseil fédéral, qui est revenu sur sa position concernant les sanctions, que certains jugent trop molles.

On veut éviter une escalade et, permettez-moi de le dire, une Troisième Guerre mondiale.

Ignazio Cassis, président de la Confédération

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La Suisse participera à l’accueil

«Notre neutralité peut nous permettre de faire ce que d’autres ne peuvent pas. Notre position a un but: laisser les portes ouvertes», a dit Ignazio Cassis. Les portes ouvertes pourraient aussi être bientôt celles de la Suisse elle-même. Interrogée sur le possible accueil de réfugiés, Karin Keller-Sutter a dit qu’elle s’engagerait «pour une clé de répartition» avec les autres pays. «Les Suissesses et les Suisses seront prêts à exercer cette solidarité», a-t-elle affirmé, ajoutant que des premières discussions avaient eu lieu avec les Cantons, qui avaient indiqué leur accord.

«L’agression russe me rappelle l’invasion soviétique de Budapest en 1956», a dit Karin Keller-Sutter.

«L’agression russe me rappelle l’invasion soviétique de Budapest en 1956», a dit Karin Keller-Sutter.

Il est trop tôt, en revanche, pour articuler de chiffre concernant un contingent de personnes à accueillir. La ministre a indiqué que, pour le peu que la Suisse pouvait déjà faire en matière d’immigration, elle avait pris les devants. «Le Secrétariat d’État aux migrations va écrire aux Cantons pour leur recommander de prolonger les permis de séjour d’Ukrainiens en Suisse qui arriveraient à échéance», a-t-elle indiqué.

Éviter la Troisième guerre mondiale

Des explications ont été données sur les sanctions. Le ministre de l’économie Guy Parmelin a brandi un dossier de feuilles, qui contenaient les sanctions reprises par la Suisse et qui seront infligées à plus de 300 personnalités russes. «Elles entrent en vigueur ce soir à 18h. La Suisse adopte une ligne plus dure qu’auparavant», a-t-il précisé.

Une partie des sanctions sont sur ces feuilles.

Une partie des sanctions sont sur ces feuilles.

Youtube – Chancellerie fédérale

Personne, pourtant, ne s’attend à ce que les sanctions fassent plier Vladimir Poutine. Sur la situation globale, Ignazio Cassis a jugé justifié le fait qu’aucun pays n’ait décidé d’intervenir militairement: «On veut éviter une escalade et, permettez-moi de le dire, une Troisième Guerre mondiale. On essaie d’affaiblir la Russie avec les sanctions, mais on est sur un échiquier mondial très compliqué».

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