Brésil : Accusations d’esclavage contre VW dans les années 1970 et 80
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Brésil Accusations d’esclavage contre VW dans les années 1970 et 80

Volkswagen est entendu ce mardi, par la justice à Brasilia pour avoir commis des atrocités et des pratiques esclavagistes dans un ranch qui lui appartenait durant la dictature militaire au Brésil.

Le constructeur allemand est mis en cause par la justice brésilienne pour des faits remontant à la période 1974-1986. 

Le constructeur allemand est mis en cause par la justice brésilienne pour des faits remontant à la période 1974-1986. 

AFP

Le constructeur automobile allemand Volkswagen est entendu mardi, par la justice à Brasilia, lors d’une audience sur des accusations de pratiques esclavagistes et autres atrocités commises dans une ferme en Amazonie, durant la dictature militaire au Brésil.

L’audience à huis clos qui doit s’ouvrir ce mardi, à 19h, est une première étape «pour évaluer s’il est possible de trouver un accord» financier, afin d’éviter des poursuites judiciaires, a expliqué à l’AFP, Rafael Garcia, procureur en charge du dossier. Selon lui, «il y a eu de graves violations des droits de l’homme et Volkswagen était directement responsable.»

«Conditions proches de l’esclavage» 

Les enquêteurs ont rédigé un dossier de 90 pages avec des témoignages sur les atrocités commises par des dirigeants de Volkswagen et des gardes armés dans un ranch de bétail dont l’entreprise allemande était propriétaire dans le bassin amazonien, dans les années 70 et 80. Selon ces témoignages, les ouvriers, embauchés notamment pour des travaux de déforestation, travaillaient dans des conditions proches de l’esclavage, forcés à dépenser presque tout leur maigre salaire pour acheter de la nourriture vendue à des prix exorbitants. 

VW promet de collaborer 

«Ceux qui tentaient de s’échapper étaient frappés, attachés à des arbres et laissés sur place des jours durant», explique par ailleurs le procureur Garcia. D’autres témoignages font état de disparitions suspectes et de viols. Le constructeur automobile a assuré dans un courriel envoyé à l’AFP être disposé «à contribuer très sérieusement à l’enquête». En 2020, le groupe avait payé 36 millions de réais (environ 5,7 millions de francs) pour indemniser des familles d’ex-ouvriers torturés ou assassinés durant la dictature militaire (1964-1985).

Prêtre enquêteur 

L’audience de mardi porte plus précisément sur la période 1974-1986. À l’époque, le groupe avait bâti un grand site agricole au bord du bassin amazonien, la «Companhia Vale do Rio Cristalino», qui est devenu le plus grand ranch de bétail de l’État du Para (nord). Les atrocités ont été dénoncées dans un premier temps par Ricardo Rezende, prêtre catholique qui a passé des années à compiler des témoignages de victimes après s’être installé dans le Para en 1977. 

Déforestation 

Le fait qu’un constructeur automobile décide de se lancer dans l’exploitation agricole peut sembler incongru, mais cela en dit long sur la politique environnementale du régime militaire, qui offrait des aides à des agriculteurs, mais aussi à des entreprises, avec des abattements fiscaux et des prêts sans intérêt pour développer la région amazonienne à marche forcée, à grands coups de déforestation.

Ranch très lucratif

«D’une part, Volkswagen adorait la dictature, d’autre part (le ranch) était très lucratif, avec près de 6000 personnes travaillant presque gratuitement», estime le père Rezende. Selon lui, le paiement d’indemnités permettrait une «réparation symbolique et nécessaire», même si cela «ne suffirait en aucun cas à compenser» la douleur des victimes. 

(AFP)

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