21.05.2018 à 19:02

Accusé d'antisémitisme, Livingstone jette l'éponge

Royaume Uni

L'ex-maire de Londres a démissionné lundi du Parti d'opposition travailliste, moins d'un mois après des élections locales décevantes pour le Labour.

Ken Livingstone.

Ken Livingstone.

AFP

Ken Livingstone, 72 ans, longtemps une des figures centrales du Labour, le principal parti d'opposition britannique, avait été suspendu en avril 2016 pour avoir affirmé, lors d'une émission de radio, qu'Adolf Hitler voulait au départ envoyer les Juifs en Israël et «soutenait le sionisme avant de devenir fou et de tuer six millions de Juifs».

«La polémique permanente autour de ma suspension du Parti travailliste est devenue une distraction de la question centrale actuelle, à savoir comment remplacer le gouvernement conservateur qui supervise la baisse du niveau de vie et la spirale de la pauvreté», a-t-il expliqué dans un communiqué.

Les accusations de complaisance avec les propos antisémites de certains de ses membres et responsables locaux sont considérées comme la cause du score moins bon qu'espéré par le Labour aux élections locales du 3 mai, et ont mis dans l'embarras son chef, Jeremy Corbyn.

«Je n'accepte pas les allégations selon lesquelles j'ai jeté le discrédit sur le Labour ni celles selon lesquelles je serais coupable d'antisémitisme. J'abhorre l'antisémitisme, je l'ai combattu toute ma vie et continuerai de le faire», s'est défendu lundi Ken Livingstone dans son communiqué.

Trop, c'est trop

Réagissant à la démission de son ami proche, Jeremy Corbyn s'est dit «triste» mais a estimé que «c'était la bonne chose à faire».

La réputation du responsable politique a sévèrement souffert ces dernières semaines, en raison de la multiplication de propos limites de la part de certains membres du parti et responsables locaux. Depuis son arrivée à la tête du Labour en septembre 2015, plusieurs militants du Parti travailliste ont été suspendus, expulsés ou forcés de démissionner pour avoir fait des déclarations antisémites.

«Jeremy Corbyn n'a pas su prendre de mesures significatives et a laissé un espace aux racistes», avait déclaré récemment devant environ 500 manifestants Jonathan Arkush, président d'une organisation représentative de la communauté juive, le Board of Deputies of British Jews, après la démission de Christine Shawcroft, une des dirigeantes du parti contrainte à la démission pour avoir demandé la réintégration d'un membre accusé d'antisémitisme.

«Trop c'est trop», avait-il lancé, avertissant que les juifs «désertaient» le Parti travailliste.

L'organisation avait au préalable, avec une autre association juive, le Jewish Leadership Council, publié une lettre ouverte au ton exceptionnellement critique, dans laquelle elles accusaient Jeremy Corbyn de se trouver régulièrement «du côté des antisémites».

Jeremy Corbyn avait, lui, été contraint de s'excuser pour une publication sur Facebook qu'il avait écrite en 2012 en soutien à un artiste de rue dont la fresque comportant des symboles clairement antisémites avait finalement été retirée.

(AFP)

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