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GenèveAccusé d'avoir étranglé sa femme devant leurs enfants

Un quadragénaire accusé d'avoir assassiné sa femme est jugé au tribunal criminel de Genève.

Photo d'illustration - Le procès est prévu jusqu'à jeudi. 22 janvier 2015

Photo d'illustration - Le procès est prévu jusqu'à jeudi. 22 janvier 2015

Keystone

Le procès d'un homme de 40 ans s'est ouvert lundi 19 janvier au matin devant le Tribunal criminel de Genève. Ce Français d'origine sri-lankaise est accusé d'avoir étranglé son épouse en présence de leurs enfants en juillet 2012. Il a ensuite jeté son corps dans le Rhône.

Le couple était alors en instance de séparation. Les faits ont eu lieu le 1er juillet 2012, en fin de soirée, dans l'appartement familial. Selon l'acte d'accusation, le prévenu a passé une ceinture autour du cou la victime et a serré pendant quatre à cinq minutes. Le larynx fracturé, elle a été plongée dans un état comateux.

Le mari l'a ensuite mise dans une couverture, chargée dans un caddie en sa possession depuis deux jours et transportée dans le coffre de sa voiture. Il a déposé deux de ses trois enfants, alors âgés de 9 et 7 ans, dans l'épicerie d'un ami. Ce dernier, qui se dit innocent, l'aurait alors accompagné jusqu'à Vernier, où ils auraient jeté le corps dans le Rhône. Le mari a été arrêté à Bâle le lendemain.

Il espérait la récupérer

Lundi, en pleurs, le prévenu a exclu toute préméditation: «J'ai pété un câble. Je voulais lui faire peur lorsqu'elle a annoncé qu'elle voulait partir avec les enfants. Je n'ai pas contrôlé ma force.» Sa femme voulait divorcer. Il espérait qu'ils allaient revivre ensemble une fois que son amant, lui aussi marié, la quitterait.

Il avait demandé à des amis, membres comme lui de la communauté tamoule, d'intervenir, mais sans leur dire qu'elle avait un amant. «C'était une honte», a-t-il expliqué, répondant à son avocate, Yaël Hayat. «Je ne pouvais pas accepter qu'elle me quitte. Je l'aimais.»

Convoquée en tant que personne appelée à donner des renseignements, la soeur de la victime a raconté au tribunal combien cette dernière avait changé «du tout au tout». Elle avait pourtant choisi son mari, qu'elle avait d'abord aimé sur Internet.

«Elle a fui ses responsabilités familiales, elle est devenue vulgaire, elle s'est mise à sortir en boîte», a poursuivi la soeur. Quant au prévenu, il pleurait tout le temps et espérait la récupérer, selon elle.

«Les enfants se trompent»

Longuement interrogé par le président du tribunal, le prévenu a nié avoir dit aux enfants qu'il allait «faire une piqûre à maman» qui allait «s'endormir» et voir le «diable». Il a aussi contesté avoir montré comment il allait s'y prendre en passant sa ceinture autour de la taille de sa fille. Et en dépit de certaines dépositions, il a affirmé n'avoir pas été violent avec ses enfants et son épouse.

L'homme a aussi nié l'implication de son ami épicier, accusé d'entrave à l'action pénale. Les enfants, qu'il a laissés dans son arrière-boutique, se trompent. «Il n'est jamais venu avec moi», a-t-il affirmé.

Absence de témoins

Lundi matin, la défense a soulevé des questions préjudicielles. Me Hayat a dénoncé l'absence de témoins lors du procès: «Est-ce un signe que la messe est dite avant d'avoir été célébrée? Je voudrais que cet homme ait un vrai procès.» Le Tribunal criminel n'a finalement accepté que l'audition de deux témoins de moralité, mardi matin.

Quant à Simon Ntah, avocat de l'ami épicier, il a demandé, en vain, que les dires des enfants soient déclarés irrecevables en ce qui concerne son client. Le Ministère public fonde toute son accusation sur les déclarations, pourtant contradictoires, des enfants, a-t-il déploré. Le procureur Stéphane Grodecki s'est défendu en rappelant la présence de traces ADN et les dires d'amis.

Ce second prévenu sera interrogé mardi. Le procès est prévu jusqu'à jeudi.

(ats)

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