15.10.2020 à 22:04

MontréalAccusé de viol, l’ex-producteur Gilbert Rozon contre-attaque

L’ex-producteur québécois a réfuté les accusations de la plaignante, affirmant qu’il s’agissait d’un rapport consenti entre deux adultes. Le procès a été suspendu jusqu’au 6 novembre.

Gilbert Rozon a livré une déposition complètement différente de la version de la plaignante.

Gilbert Rozon a livré une déposition complètement différente de la version de la plaignante.

KEYSTONE

Gilbert Rozon a bouclé son témoignage jeudi en réaffirmant que c’est la plaignante qui lui avait «imposé» un rapport sexuel et non l’inverse comme elle l’affirme. L’ex-producteur québécois est jugé pour viol depuis mardi à Montréal.

Suite à sa déposition, le procès a été suspendu jusqu’au 6 novembre, date à laquelle auront lieu les plaidoiries finales. M. Rozon, ex-magnat déchu du groupe «Juste pour rire» et ancien juré de l’émission «La France a un incroyable talent», a une nouvelle fois contredit la plaignante jeudi matin.

Selon lui, c’est bien elle qui lui aurait «imposé» un rapport sexuel dans une résidence au nord de Montréal en 1980 en venant le rejoindre dans son lit. Il a reconnu qu’il avait été «consentant».

La victime présumée, qui ne peut être identifiée pour des raisons légales, avait offert une version diamétralement opposée des faits. Elle soutient que M. Rozon avait d’abord tenté de l’embrasser avant de la violer quelques heures plus tard alors qu’elle dormait seule dans une chambre.

Tous deux se connaissaient. La plaignante et l’accusé étaient respectivement âgés de 20 et 25 ans au moment des faits.

M. Rozon, 65 ans, a offert un récit détaillé des faits lors de son contre-interrogatoire jeudi. Après une soirée en discothèque, il dit être allé avec la plaignante dans une maison où ils se sont embrassés et caressés autour d’un feu, mais il assure qu’il n’est pas allé plus loin dès qu’elle lui a dit non.

«C’est faux»

«Je ne l’ai pas agressée d’aucune manière. Quand elle a contracté les jambes, j’ai arrêté immédiatement», a-t-il raconté, disant être tout de suite allé se coucher. C’est faux, a-t-il répliqué lorsque le procureur lui a suggéré qu’il était allé se coucher en espérant qu’elle vienne le retrouver et que c’est finalement lui qui est allé vers elle.

Il a répété qu’il s’était réveillé dans son lit alors que la plaignante s’était assise «en transe» sur lui pour lui faire l’amour. «C’était quelque chose qui m’était imposé. J’ai accepté et j’étais parfaitement consentant», a-t-il dit. «Ecoutez, si j’avais été un agresseur, elle n’aurait sûrement pas dormi chez moi ce soir-là.»

Mercredi, les avocats de M. Rozon avaient pourfendu le témoignage de la plaignante, lui reprochant d’avoir changé sa version des faits au fil des années.

(ATS/NXP)

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