Actualisé 09.07.2018 à 14:21

Novitchok en Angleterre«Accuser la Russie est absurde», pour le Kremlin

La Russie nie toute responsabilité après la mort d'une Britannique de 44 ans. La femme a été contaminée à l'agent innervant Novitchok, aussi utilisé dans l'affaire Skripal.

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Selon une enquête indépendante, un haut gradé des services de renseignement militaires russes aurait empoisonné l'ancien espion russe Sergueï Skripal depuis Londres. (Samedi 29 juin 2019)

Selon une enquête indépendante, un haut gradé des services de renseignement militaires russes aurait empoisonné l'ancien espion russe Sergueï Skripal depuis Londres. (Samedi 29 juin 2019)

AFP
L'ancienne maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, en cours de décontamination. La Grande-Bretagne a refusé l'accès diplomatique à l'ancien espion à la Russie. (Mardi 5 mars 2019)

L'ancienne maison de Sergueï Skripal, à Salisbury, en cours de décontamination. La Grande-Bretagne a refusé l'accès diplomatique à l'ancien espion à la Russie. (Mardi 5 mars 2019)

AFP
L'Union européenne a sanctionné lundi le chef du renseignement militaire russe (GRU), son adjoint et deux agents, jugés responsables de l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripa, en gelant leurs avoirs. (Lundi 21 janvier 2019)

L'Union européenne a sanctionné lundi le chef du renseignement militaire russe (GRU), son adjoint et deux agents, jugés responsables de l'empoisonnement de l'ex-agent double Sergueï Skripa, en gelant leurs avoirs. (Lundi 21 janvier 2019)

AFP

Le Kremlin a jugé lundi qu'il serait «absurde» d'accuser la Russie de la mort d'une Britannique, contaminée au Novitchok quatre mois après la crise diplomatique entre les deux pays déclenchée par l'empoisonnement d'un ancien espion russe et de sa fille.

«Nous ne sommes pas au courant que la Russie ait été d'une quelconque manière associée avec cela. Nous considérons que ce serait dans tous les cas assez absurde», a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov lors d'un point-presse. «Nous regrettons profondément la mort d'une ressortissante britannique», a-t-il ajouté, précisant que la Russie «demeurait très préoccupée quant à la présence de substances toxiques sur le territoire du Royaume-Uni».

«Nous considérons que cela représente bien sûr un danger non seulement pour les Britanniques mais pour tous les autres Européens», a-t-il assuré. «La Russie a proposé dès le début à ses partenaires britanniques une enquête conjointe» mais Londres n'a pas donné suite à cette proposition, a affirmé M. Peskov, s'interrogeant si «la Grande-Bretagne est intéressée par une véritable enquête».

Femme décédée

Hospitalisée dans un état critique à Salisbury, dans le sud du Royaume-Uni, Dawn Sturgess, 44 ans, est décédée dimanche soir. Elle avait été contaminée à l'agent innervant Novitchok, selon la police britannique qui menait lundi une enquête pour meurtre.

Lundi, la police britannique a reconnu que si le risque était «faible», elle ne pouvait cependant pas garantir que le Novitchok ne ferait pas d'autre victime. «Je ne peux simplement pas offrir de garantie» concernant la sécurité du public, a dit le chef de l'antiterrorisme Neil Basu lors d'un point presse à Londres, avant d'appeler le public à ne pas ramasser des objets comme «des seringues ou des récipients inhabituels».

«Nous ferons tout ce que nous pouvons pour que les responsables soient traduits en justice», a déclaré M. Basu, répétant que la principale hypothèse de la police était que le poison incriminé est lié à l'attaque essuyée il y a quatre mois par l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia.

«Nous essayons d'identifier tout récipient pouvant avoir contenu le poison», a-t-il dit, précisant que la police avait retracé tous les mouvements du couple de Britanniques les journées des vendredi 29 juin et samedi 30 juin, date à laquelle ils ont été hospitalisés.

Parcours retracé

Alors que la police cherche à découvrir «quand et où» le couple a été contaminé, «les recherches sont centrées» sur les logements du couple, à Salisbury (sud-ouest de l'Angleterre) pour Dawn Sturgess, et dans la ville voisine de Amesbury où Charlie Rowley avait un appartement, ainsi qu'un parc de Salisbury où ils se sont rendus vendredi.

Le mini-bus dans lequel ils ont fait le trajet dans la soirée de vendredi à samedi entre Salisbury et Amesbury est également examiné par le laboratoire militaire de Porton Down, tandis que trois personnes qui ont voyagé avec eux ont été examinées sans qu'un quelconque symptôme inquiétant n'ait été découvert.

(AFP)

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