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TendanceAchetez une vache en leasing!

Dans leurs univers bétonnés, les citadins rêvent de se rapprocher de la nature. Dans l'Oberland bernois, une famille a senti la tendance et propose ses vaches en leasing pour arrondir ses fins de mois.

Dans l'Oberland bernois, il est possible d'acheter une vache en leasing.

Dans l'Oberland bernois, il est possible d'acheter une vache en leasing.

Keystone

Dans leurs univers bétonnés, les citadins rêvent de se rapprocher de la nature et de la vie animale. Ces aspirations connaissent un certain succès dans l'Oberland bernois avec l'achat en «leasing» de vaches pâturant sur les alpages. La famille d'Iris Wittwer-Wyler à Ringgenberg compte 150 clients de ce type cette saison, dont un membre du gouvernement de Schwyz, a annoncé samedi le Service d'information agricole alémanique LID.

Au début de cet été, le conseiller d'Etat schwyzois Aloïs Christen a reçu en cadeau une vache en «leasing». D'abord embarrassé, l'ancien entrepreneur se félicite aujourd'hui de cette initiative du monde paysan. Il y voit une manière de rapprocher citoyens des villes et des campagnes, et de lever les malentendus entre deux mondes qui se côtoient rarement. C'est également un exemple pour améliorer la situation financière des éleveurs et pour vendre leurs produits à leur juste valeur.

Ce sont les parents d'Iris Widmer-Wyler qui ont eu l'idée de louer leurs vaches il y a 40 ans, notamment dans le but d'écouler le fromage restant en fin de saison à l'alpage. Des restaurants, des hôtels et des sociétés ont répondu à l'appel. A l'époque, il s'agissait de placer les vaches et la production de fromage de leur propre ferme. Aujourd'hui, la famille n'a plus de troupeau mais continue à gérer le placement des vaches dans les alpages.

Bouche à oreille

Iris Widmer-Wyler explique qu'elle ne fait pas de publicité pour le «leasing» des vaches, à l'exception de la création d'un site en 2003 (www.kuhleasing.ch). Depuis, cette activité ne fonctionne que par le bouche à oreille. La majorité de ses clients sont des citadins de Bâle, Berne ou Olten et se situent dans une tranche d'âges de 40 à 60 ans. Des sociétés hôtelières et industrielles sont également sur les rangs.

Quant aux motivations de ses clients, «pour beaucoup, il s'agit vraisemblablement de réaliser quelque chose d'exceptionnel; à cela s'ajoute que pour beaucoup de personnes aujourd'hui, un lien avec la nature est plus important qu'il y a quelques années», explique Iris Widmer-Wyler. Il y a également un intérêt à voir ce qui se passe derrière les produits emballés du supermarché. Il faut préciser que les clients viennent de temps en temps donner un coup de main sur les alpages pour voir ce que deviennent leurs protégées et ne se contentent pas d'acheter en fin de saison le seul fromage de leurs vaches.

«Avant, je connaissais à peine l'Oberland bernois», reconnaît Aloïs Christen. Le «leasing» lui a donné l'occasion de se familiariser avec la région, de rencontrer d'autres personnes et de nouer des contacts. Il estime que cela ne fait pas seulement du bien aux citadins pour voir d'où viennent leurs produits: le contact fait également du bien aux paysans qui reçoivent des visites avec des échanges enrichissants.

(AP)

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