Jura bernois - Acquittée après une collision avec un cycliste sur un giratoire
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Jura bernoisAcquittée après une collision avec un cycliste sur un giratoire

L’accident survenu à un rond-point de Pontenet a été disséqué par deux expertises qui innocentent l’automobiliste.

par
Vincent Donzé
Selon les experts, l’automobiliste venant de Malleray n’a pas pu voir le cycliste débouler depuis la droite.

Selon les experts, l’automobiliste venant de Malleray n’a pas pu voir le cycliste débouler depuis la droite.

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L’accident est survenu le jeudi 11 octobre 2018, sur la Grand Rue de Pontenet, entre Malleray et Reconvilier. En milieu d’après-midi, les pompiers ont dégagé un cycliste de 70 ans coincé sous une voiture, dans un giratoire alors en travaux, près de la gare. Le septuagénaire est mort après son admission à l’hôpital où il avait été héliporté.

Après un appel à témoins, deux expertises ont été menées. Selon «Le Journal du Jura», elles ont conclu que l’automobiliste n’était pas responsable de la mort du cycliste. Libérée des accusations dont elle faisait l’objet, cette sexagénaire de Bévilard était dispensée de comparution devant le Tribunal régional, qui l’a innocentée vendredi dernier.

Des travaux

La conductrice estime que les assurances ont été «bien généreuses» avec la partie adverse. Le cycliste bernois a surgi sur sa droite en descendant du village, alors que des travaux avaient lieu autour du rond-point de Pontenet.

«Que nous reproche-t-on? Pourquoi ne l’ai-je pas vu? Aurais-je pu l’éviter?», s’est demandé la conductrice renvoyée devant la justice pour homicide par négligence. Une première expertise demandée par le Ministère public a conclu à son absence de culpabilité pénale.

Pas satisfaite

Pas satisfaite du verdict, la famille du cycliste a demandé une expertise complémentaire, laquelle a abouti aux mêmes conclusions. Dans l’ordonnance de classement, il est mentionné que «la prévenue avait la priorité dans le giratoire».

«On ne pouvait pas lui reprocher de ne pas avoir regardé à droite, alors qu’elle devait impérativement regarder à sa gauche afin d’accorder la priorité aux véhicules prioritaires venant en ce sens», ont statué les experts, pour qui «il était par ailleurs impossible qu’elle ait vu le cycliste avant la maison qui bouchait la vue».

En discuter

Connue au village, S. B. a essuyé «certains commentaires», selon «Le Journal du Jura». Elle a finalement repris le volant. «Certaines personnes n’osaient plus venir me parler. Moi, j’ai toujours pu en discuter», a-t-elle expliqué.

Le jour de l’accident, elle était attentive aux ouvriers qui traversaient régulièrement la route avec du matériel. Sa conviction, c’est que le cycliste a déboulé trop vite dans le giratoire.

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