Berne - Ada Marra veut redorer le blason de l’aide sociale
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BerneAda Marra veut redorer le blason de l’aide sociale

Interdire l’obligation de rembourser, pouvoir disposer de réserves suffisantes ou interdire le «chantage» au permis de séjour, la socialiste vaudoise veut sortir l’aide sociale de ses mécanismes de paupérisation.

par
Eric Felley
Pour Ada Marra, la pratique actuelle de l’aide sociale plonge les personnes dans une situation encore plus précaire, ce qui ne devrait pas être son but.

Pour Ada Marra, la pratique actuelle de l’aide sociale plonge les personnes dans une situation encore plus précaire, ce qui ne devrait pas être son but.

DR/FB

«Pour lutter contre la pauvreté, il faut revoir certains critères d’accès et d’effets produits par l’aide sociale». La conseillère nationale Ada Marra (PS/VD) vient de déposer une initiative parlementaire à Berne visant à améliorer la condition économique des personnes qui doivent y avoir recours. Elle constate qu’aujourd’hui, les conditions d’accès ou de non-accès à cette aide sont problématiques du point de vue de la paupérisation qu’elles engendrent.

Elle précise d’emblée qu’elle ne demande pas une harmonisation fédérale de la pratique de l’aide sociale, qui a toujours été refusée par le Conseil fédéral ou par les Chambres, mais une série d’adaptations de la loi sur la compétence en matière d’assistance des personnes dans le besoin (LAS). Elle constate qu’en l’état actuel plus de 30% des personnes, qui pourraient prétendre à cette aide, renoncent à le faire à cause de l’obligation de la rembourser dans certains cas, de la perte du permis de séjour en cas d’aide prolongée, et de l’impossibilité d’avoir des réserves suffisantes, ce qui pousse à l’endettement et au surendettement de personnes déjà précarisées.

Pas jusqu’au dernier franc d’économies…

Elles proposent donc d’interdire l’obligation de remboursement (qui demeure dans certains cantons comme Neuchâtel ou Fribourg par exemple). Elle demande aussi d’estimer un montant de réserves possibles pour pouvoir avoir droit à l’aide sociale, afin que les personnes ne doivent pas dépenser jusqu’à leur dernier franc d’économies avant de pouvoir la demander. Elle propose enfin d’interdire la possibilité de traitements différenciés en fonction du passeport, du permis de séjour ou d’établissement dans un même lieu d’application (au niveau cantonal ou communal).

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