Urnes: Adèle Thorens: «Maintenant, ils vont devenir très agressifs...»

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UrnesAdèle Thorens: «Maintenant, ils vont devenir très agressifs...»

Les premiers sondages donnent une large marge d'avance aux initiatives du 23 septembre. Comment faire pour ne pas tout perdre d'ici là? Pour la Vaudoise, il faut rester calme et informer.

par
Eric Felley
Les quatre prochaines semaines ne vont pas être de tout repos pour la Vaudoise. Même avec 78 % de sondés en faveur de l'initiative écologiste, un retournement de situation est toujours possible.

Les quatre prochaines semaines ne vont pas être de tout repos pour la Vaudoise. Même avec 78 % de sondés en faveur de l'initiative écologiste, un retournement de situation est toujours possible.

Laurent Crottet/ Le Matin

Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Pour les deux votations du 23 septembre sur les initiatives pour des aliments équitables et pour la souveraineté alimentaire, rarement l'adage n'aura été aussi approprié. A quatre semaines du vote, avec respectivement 78 % et 75 % de oui, selon le sondage de la SSR, ces deux textes ont une avance plus que confortable.

Mais chacun sait que, souvent, les initiatives partent fort, mais finissent par s'éroder sous les coups de buttoir des opposants. Les Verts se rappelleront sans doute l'initiative pour la fermeture programmée des centrales nucléaires. Elle a eu longtemps les faveurs du peuple dans les sondages avant d'être refusé à 54,2% en novembre 2016. Tout comme le soutien à l'initiative No Billag s'était étiolé en quelques semaines au début de cette année.

Comme neige au soleil?

Mais ici, l'avantage est plus conséquent et il n'est pas impossible qu'à la fin les petits poissons mangent les gros. Mais comment éviter que cette avance fonde comme neige au soleil ? Pour la conseillère nationale Adèle Thorrens (Verts/VD), qui défend les aliments équitables, le résultat des sondages n'est d'abord pas une surprise: «Nous savons la population très sensible aux questions alimentaires... Pour nous, la clef du succès est de rester calme et de pouvoir informer correctement les gens jusqu'au bout. De pouvoir les renseigner sur les conséquences juridiques ou financières de l'initiative et comment l'appliquer sans créer de bureaucratie».

La peur dans les deux camps

La bureaucratie, c'est un des reproches principaux des opposants, qui rassemblent les partis bourgeois - UDC, PLR, PDC et PBD. «Avec l'avance que nous avons, admet-elle, il faut s'attendre à ce qu'ils deviennent très agressifs durant ces prochaines semaines. C'est sûr que cela ne sera pas une balade de santé, il faudra tenir le coup!»

Pour le président d'Uniterre, Pierre André Tombez, qui défend la souveraineté alimentaire, ces sondages font presque peur:«Cela nous fait peur, parce que les opposants doivent commencer à avoir très peur eux aussi et ils ont beaucoup plus de moyens que nous! Nous craignons qu'il les utilisent pour mettre en avant des arguments mensongers comme la soviétisation de l'agriculture où qu'elle coûtera cher aux consommateurs. Mais on peut espérer que l'avantage que nous avons aujourd'hui ne soit pas totalement érodé le 23 septembre».

Et les petits paysans pourront vendre la peau de l'ours bernois.

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