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Football«Adieu Diego, mais rien n’est fini»

Au lendemain de la mort de Diego Maradona, la presse mondiale salue l’icône, entre «auréole» et «péchés».

Tous les journaux italiens ont fait leur Une sur le décès de Diego Maradona.

Tous les journaux italiens ont fait leur Une sur le décès de Diego Maradona.

KEYSTONE

«J’ai vu Maradona»: publiant partout à la Une ses boucles sombres et son maillot de l’Argentine, la presse en Europe et ailleurs a rendu hommage jeudi à la figure de Diego Maradona, décédé mercredi, saluant «son mythe, son caractère, son immortalité», entre «auréole» et «péchés».

En Italie, le quotidien sportif «La Gazzetta dello sport» évoque en première plage «La mort du Dieu du football». On y voit une large photo du meneur de jeu embrassant le trophée de la Coupe du monde et ce gros titre, référence à un célèbre chant repris par les tifosi napolitains: «Ho visto Maradona» (J’ai vu Maradona).

Le journal diffuse plus de 20 pages de souvenirs pour se remémorer les exploits et les excès du «Pibe de Oro». «Napoli pleure. Adieu Diego, mais rien n’est fini. Rien ni personne ne pourra jamais briser le lien qui l’a uni à cette ville et à ses habitants», écrit la «Gazzetta».

«Personne n’a défendu Naples comme lui», titre pour sa part «Il Mattino», le journal de la région napolitaine. «Naples devient le tombeau de Maradona», ajoute le quotidien, saluant «les destins parallèles de Maradona et de Naples, entre amour et anarchie».

«Le Dieu du ballon», titre «Il Fatto Quotidiano» tandis que «Il Messagero» évoque «l’auréole et les péchés» d’un homme qui aura connu «l’excès, les bas-fonds et le trône».

«Si je meurs, je veux renaître et je veux devenir footballeur»

Diego Armando Maradona, cité par «Marca»

Le quotidien sportif français «L’Equipe», qui consacre 19 pages au mythe argentin, titre en Une «Dieu est mort», changeant même la couleur de son logo pour le bleu ciel du drapeau argentin.

En Espagne, «Marca», le journal le plus vendu du pays, a viré au noir sa fameuse bannière rouge. Chaque page est numérotée «No 10», d’après le numéro de maillot du génie argentin. A la Une, on remarque une grande photo de Maradona, flanquée d’une citation qui définit «son mythe, son caractère, son immortalité» d’après «Marca»: «Si je meurs, je veux renaître et je veux devenir footballeur. Et je veux redevenir Diego Armando Maradona. Je suis un joueur qui a donné de la joie aux gens, ça me suffit».

«Mundo Deportivo», le journal sportif catalan, a pour sa part consacré un dossier spécial de 15 pages à la disparition de l’ancien joueur de Barcelone et «idole planétaire», rappelant une citation de l’Argentin imaginant ce qu’il se dirait à lui-même le jour de sa mort: «Uuh, que lui dirais-je? Merci pour avoir joué au football, parce que c’est le sport qui m’a procuré le plus de bonheur, le plus de liberté. C’est comme toucher le ciel avec les mains. Merci au ballon. Oui, voilà ce que j’écrirai sur ma tombe: merci au ballon.»

«Passez outre la tricherie – si vous aimez vraiment le football, alors vous aimez Diego Maradona»

The Times

«L’idole qui a touché le ciel», a titré jeudi le journal généraliste espagnol «El Mundo». «Maradona, un dieu du football, est mort», a renchéri «El Pais», principal journal généraliste d’Espagne.

AFP

Même l’Angleterre, où Diego Maradona a laissé une image controversée en raison de son fameux but de la main contre les Anglais en quart de finale du Mondial 1986 (’la main de Dieu’, selon Maradona), salue le génie du petit meneur de jeu argentin, champion du monde cette année-là.

«Au revoir à un génie du football qui a dominé une Coupe du monde comme personne», titre le «Guardian», évoquant en pages intérieures «Le Messie: un prodige qui a accompli la prophétie».

«Passez outre la tricherie – si vous aimez vraiment le football, alors vous aimez Diego Maradona», écrit pour sa part le prestigieux quotidien «The Times», en reproduisant le compte-rendu du fameux match Argentine-Angleterre de 1986, entre sa «main de Dieu» puis son second but, un slalom échevelé parmi les joueurs anglais.

«Le but qui a suivi la main de Dieu est peut-être le plus bel exploit individuel jamais vu dans une Coupe du monde, et la raison pour laquelle le génie de Maradona lui survivra», conclut de son côté le «Daily Mail».

(AFP)

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4 commentaires
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antifoot

26.11.2020 à 15:26

On va encore en faire des tonnes à son sujet ?

Karka

26.11.2020 à 12:37

Il est tentant de jouer au jeu des comparaisons avec les autres grands joueurs de l'histoire même s'il est impossible de comparer les époques tant le foot a changé. Pelé a profité d'un aura mythique car les images de lui étaient rares et qu'il est resté dans son club brésilien jusqu'à 35 ans. Comme les vedettes d'avant les années 70, ce sont surtout des lignes dans les livres d'histoire, des êtres à l'existence immatérielle. Dans les années 70, Cruyff ou Beckenbauer étaient avant tout des leaders d'équipes très fortes aux tactiques élaborées plutôt que joueurs capables de décider seul d'un match. Dans les années 80, on était à un tournant. On a des vedettes comme Platini, Zico ou Van Basten et des équipes spectaculaires mais qui perdent (URSS, Danemark, Brésil). Et on a Diego qui est plus doué techniquement que Platini et plus fort physiquement que ses rivaux pour affronter les défenseurs ultra-rugueux de l'époque. Il incarnait parfaitement cette époque.

Csav

26.11.2020 à 12:28

Dieu ? Je ne sais pas s'il était croyant j'espère qu'il a été reconnaissant à dieu d'avoir été un grand footballeur attn au culte de la personne je crois savoir qu'il était humble pas comme un certain zlatan