Actualisé 04.12.2017 à 21:36

HarcèlementAffaire Buttet: le PDC prend acte, le PDCVR attend

Le PDC Suisse a pris acte de la décision de démissionner de la vice-présidence le conseiller national. Le PDC du Valais romand salue son engagement à se soigner et refuse toute pression.

Yannick Buttet a demandé jeudi dernier la suspension immédiate de sa fonction de vice-président du PDC suisse et de membre de la présidence du PDC suisse après que la procédure pénale engagée à son encontre a été rendue publique.

Yannick Buttet a demandé jeudi dernier la suspension immédiate de sa fonction de vice-président du PDC suisse et de membre de la présidence du PDC suisse après que la procédure pénale engagée à son encontre a été rendue publique.

Keystone

Le PDC Suisse n'exclut pas (encore) Yannick Buttet. En effet, dans un bref communiqué lundi à l'issue d'une réunion, il s'est contenté de prendre acte de la démission de la vice-présidence du parti que lui a remis le conseiller national dans la matinée. Celle-ci entre en vigueur immédiatement.

Le PDC réitère les propos de son président Gerhard Pfister vendredi en soulignant que toute atteinte à l’intégrité d’autres personnes était «inacceptable». Il précise encore que le Valaisan n’a pas pu participer à la séance de ce lundi. «La présidence du parti l’invitera dès que possible à une discussion», précise-t-il.

Yannick Buttet a démissionné de son poste de vice-président du PDC Suisse, a-t-il annoncé ce lundi. Le Valaisan se retire aussi temporairement de ses fonctions de conseiller national pour suivre un traitement médical afin de maîtriser sa consommation d'alcool.

«Après mon rétablissement, je discuterai avec mon parti cantonal la poursuite de mon mandat de conseiller national», a précisé le Valaisan dans un communiqué envoyé par son avocat. Jusqu'à nouvel avis, il se retire de toutes ses fonctions électives, ce qui vaut aussi pour son poste de président de la commune de Collombey-Muraz.

Dans ce communiqué de presse court et concis, M. Buttet fait à nouveau fait part de ses regrets. «Je tiens à apporter mes profondes excuses à mon épouse, à ma famille et aux personnes qui ont été blessées par mon comportement inapproprié, y compris mes collègues du parti», a-t-il souligné.

Le conseiller national est dès ce lundi inscrit comme malade et suit une cure», a indiqué Andreas Meili, avocat de Yannick Buttet. «Tant qu'il ne sera pas guéri, il n'exercera pas ses fonctions de conseiller national et de président de commune.»

Une crise conjugale

Le Valaisan réagit ainsi à une information du quotidien Le Temps qui révélait jeudi dernier que Yannick Buttet fait l'objet d'une plainte après avoir été interpellé par la police, une nuit de novembre, dans le jardin d'une ex-maîtresse, à Sierre (VS). M. Buttet, qui a reconnu les faits, avait alors insisté longuement pour qu'elle ouvre la porte du bâtiment. La femme avait appelé les forces de l'ordre.

M. Buttet et la plaignante ont entretenu une relation extraconjugale par le passé. Depuis la fin de leur aventure, M. Buttet l'aurait sollicitée «par sms, e-mail ou téléphone», et «parfois jusqu'à 50 fois dans la même journée», précisait le quotidien.

Les médias évoquent également «d'autres actes inappropriés» dont ont fait part plusieurs journalistes et politiciennes actives à Berne, citées anonymement. M. Buttet s'en est justifié en affirmant qu'il sortait d'une grave crise conjugale ayant affecté son jugement et son comportement.

Il a dit prendre désormais conscience qu'il a eu des gestes inappropriés ayant pu déranger ou heurter certaines personnes. Selon lui, les épisodes à Berne se sont produits en soirée et sous l'effet de l'alcool, dans une période de doute.

Le PDCVR refuse de mettre la pression

Le PDC du Valais romand a lui aidé son conseiller national Yannick Buttet à y voir plus clair dans la tempête des événements de ces derniers jours. Il salue son engagement à vouloir se soigner et n'avance pour l'heure plus aucun calendrier politique. «Moi comme d'autres, nous avons joué le rôle de coach auprès de Yannick Buttet. Nous avons mis sur la table tous les scénarios possibles», a indiqué à l'ats Serge Métrailler, président du PDC du Valais romand (PDCVR).

L'élu a pris l'engagement de se soigner. «Je sens chez lui une volonté sincère. L'important selon moi est qu'il trouve des réponses aux vraies questions», poursuit Serge Métrailler. Pour le président du PDCVR, la politique n'est pas le problème aujourd'hui, ni de savoir si Yannick Buttet sera candidat aux prochaines élections ou si le parti va perdre des plumes dans cette affaire.

Le parti cantonal assure qu'il ne cherche pas à gagner du temps. Il ne veut pas mettre son élu sous pression. Comme il n'existe pas de système de suppléant, personne ne remplacera Yannick Buttet au Conseil national pendant son congé maladie.

D'abord suspendu

Yannick Buttet avait informé son parti de la plainte pendante contre lui la veille de la parution des révélations à son sujet. Le lendemain, le président du PDC s'était entretenu avec lui et avait accepté sa demande de suspension de la vice-présidence du parti.

M. Pfister avait aussi indiqué que la question d'une démission du National devait être discutée dans les prochains jours. De son côté, la présidente de la Confédération Doris Leuthard avait réagi en affirmant, la semaine passée déjà, que les comportements comme ceux qu'a eus M. Buttet étaient «inacceptables pour la politique».

Avenir incertain

L'avenir politique du politicien valaisan reste un point d'interrogation. Sous le coup d'une plainte pénale révélée par Le Temps la semaine dernière, il a affirmé dans les médias qu'il démissionnerait s'il était condamné.

Depuis les révélations, Yannick Buttet a réitéré plusieurs fois ses excuses mais réfuté la qualification de «harceleur». Vendredi encore, il contestait le fait que son comportement soit préjudiciable au PDC.

Le Ministère public du canton du Valais a pour sa part ouvert d'office une instruction pour violation du secret de fonction. Les informations parues dans la presse concernant la plainte provenaient de personnes initiées, issues de la police ou du Ministère public.

(ats/cht)

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