15.02.2020 à 14:46

Affaire Crypto: Villiger réitère son ignorance des faits

Suisse

Après des révélations dans la presse mettant en doute son démenti, l'ancien ministre a répété ce samedi qu'il n'était pas au courant de l'opération d'espionnage menée grâce à Crypto.

L'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger affirme ne pas avoir eu connaissance du rôle de la CIA et de la BND auprès de Crypto AG.

L'ancien conseiller fédéral Kaspar Villiger affirme ne pas avoir eu connaissance du rôle de la CIA et de la BND auprès de Crypto AG.

Keystone

Kaspar Villiger n'était pas au courant d'une opération d'espionnage menée par des services de renseignement étrangers via l'entreprise zougoise Crypto. L'ancien ministre de la défense a réitéré samedi sa position, suite à de nouvelles révélations dans la presse.

«Je n'étais au courant ni de l'opération, ni du rôle de la CIA ou celui du service de renseignement allemand (BND), ni des manipulations de Crypto AG», affirme Kaspar Villiger dans une prise de position transmise à Keystone-ATS. «Aurais-je reçu ces informations, je ne les aurais pas cachées. J'aurais averti le Conseil fédéral.»

L'ancien ministre a réitéré sa position suite à de nouvelles révélations dans les journaux du groupe Tamedia. Ceux-ci mentionnent l'existence d'une note confidentielle interne du Conseil fédéral l'impliquant. Il s'agirait d'un document de prise de position signé par Viola Amherd et envoyé à ses collègues du gouvernement le 17 décembre 2019.

L'actuelle cheffe du Département de la défense (DDPS) y relaterait une discussion avec le directeur du Service de renseignement de la Confédération. Jean-Philippe Gaudin lui aurait indiqué avoir trouvé des documents d'archives indiquant que Kaspar Villiger «était informé». Aucun détail sur la nature et le contenu des éléments découverts n'est cependant donné.

Conclusions du juge attendue

L'ancien ministre radical affirme ne pas avoir connaissance d'une telle note de discussion. Quant au DDPS, il ne commente pas la fuite de documents confidentiels. Il refuse aussi d'indiquer s'il est en contact avec Kaspar Villiger.

Le DDPS se contente de rappeler que le juge Niklaus Oberholzer a été mandaté pour enquêter. Le Conseil fédéral attend ses conclusions, ainsi que celles de la Délégation des commissions de gestion du Parlement.

Collaboration

Dans sa prise de position de samedi, Kaspar Villiger répète également que la discussion tenue à l'époque avec son collègue de parti et ancien membre du conseil d'administration de Crypto, Georg Stucky, portait sur l'enquête alors en cours de la police fédérale contre Crypto. Et «en aucun cas sur les activités de la CIA et du BND».

«Ce n'est pas quelque chose qu'on oublie, même un quart de siècle plus tard», souligne l'ancien conseiller fédéral. Il précise par ailleurs qu'il collaborera «sans retenue et de manière constructive avec les organes d'investigation».

Tout ce qu'il sait de l'affaire Crypto, il le sait grâce à l'émission Rundschau de la télévision alémanique, a-t-il encore insisté. Cette dernière a révélé que la CIA et le BND auraient, durant des dizaines d'années, intercepté des milliers de documents de plus de 100 pays via les appareils de chiffrement de l'entreprise Crypto.

La présidente de la CPE met en garde contre toute conclusion hâtive

La commission de politique extérieure (CPE) empoignera la thématique de l'affaire Crypto la semaine prochaine. Sa présidente, Tiana Angelina Moser, met toutefois en garde contre toute conclusion hâtive.

Des hypothèses rapportent que des fonctionnaires suisses haut placés auraient eu vent d'une affaire d'espionnage des services de renseignement américain et allemand, a dit la conseillère nationale (PVL/ZH) sur les ondes de la radio alémanique SRF. Mais peu d'éléments ont été confirmés.

«Nous n'avons pas de crise étatique pour le moment», a poursuivi la Zurichoise. Les institutions suisses fonctionnent. Elles doivent maintenant faire en sorte que le cas soit examiné en détail. «Expédier le dossier serait une faute». Les commissions de gestion sont déjà en train de plancher sur le sujet. Tiana Angelina Moser dit leur faire confiance.

(ats)

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