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ScandaleAffaire des lasagnes au cheval: un vrai complot?

L’industrie a été victime de la «tromperie» d’un fournisseur mais n’est pas responsable de la crise qui frappe Findus et toute la distribution, du fait de l’utilisation de viande de cheval en lieu et place de boeuf.

Les principales enseignes de la distribution française ont procédé dimanche à des retraits de produits surgelés litigieux de Findus, comme les lasagnes.

Les principales enseignes de la distribution française ont procédé dimanche à des retraits de produits surgelés litigieux de Findus, comme les lasagnes.

Keystone

«Nous ne sommes pas responsables de la fraude d’un de nos fournisseurs» a affirmé Jean-René Buisson, le président de l’Association des industries agro-alimentaires (Ania) interrogé sur Europe 1. «Findus, le principal concerné, a reçu de la viande avec un certificat indiquant de la viande de boeuf, c’est un problème de tromperie.»

"C’est dramatique en terme d’images" mais pour M. Buisson, l’industrie française reste "la meilleure du monde": "La traçabilité des produits alimentaires n’est pas remise en cause dans cette affaire; nous avons mis en place le meilleur système au monde depuis la crise de la vache folle ce qui va nous permettre de savoir très vite, dans 2 ou 3 jours" qui est responsable selon lui. "Il y a 200 fois moins d’incidents pour un million d’habitants en France qu’aux Etats-Unis", a-t-il souligné.

Le responsable de l’Ania sera présent lundi soir à une réunion gouvernementale autour des ministres concernés pour une réunion de crise. Presque toutes les principales enseignes de la distribution française ont procédé dimanche à des retraits de produits litigieux, qu’ils soient de marque Findus ou de marque de distributeurs.

«On finira par avoir de gros problèmes»

De son côté, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a également réagi. La multiplication des intermédiaires mise en évidence par l’affaire des plats surgelés à la viande de cheval en lieu et place de boeuf engendre une confusion telle qu’elle risque de provoquer de gros problèmes, a-t-il déclaré sur la radio RTL.

"Il faut sortir de ce brouillard, parce qu’on pourra toujours revendiquer une traçabilité, fixer des règles où chacun est responsable de l’application de la règle, mais si le système est à ce point brouillé, si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problèmes", a-t-il ajouté. "Je découvre la complexité des circuits et de ce système de jeux de +trading+ entre grossistes à l’échelle européenne", a avoué le ministre.

Les premiers éléments de l’enquête menée par les autorités françaises sur l’affaire des plats surgelés à la viande de cheval mettent en lumière un circuit commercial international.

La viande en cause, d’origine roumaine, aurait transité par un trader néerlandais, puis chypriote, avant d’arriver chez un fournisseur français, Spanghero, et d’être redirigée vers le préparateur, Comigel. "Le nombre d’intermédiaires est tellement important qu’il y a une perte de capacité à maîtriser la traçabilité", a ajouté le ministre, pour qui cette affaire relève d’une fraude. "Il y a des gens qui fraudent, qui cherchent à tricher", selon lui. Il a en revanche réfuté toute faillite des systèmes de contrôle mis en place par l’Etat.

«Une conspiration criminelle»

Le ministre britannique de l'Environnement, Owen Paterson, chargé des questions alimentaires, a déclaré lundi que le scandale de la viande de cheval semblait relever d'une «conspiration criminelle» étendue. «Il semble que cette conspiration criminelle (...) soit étendue. D'après ce que je comprends, l'usine au Luxembourg a dû émettre des avertissements à l'égard des consommateurs de 16 pays différents». «C'est clairement une affaire de fraude et je pense que vous allez voir des actions en justice commencer dans certains pays d'Europe continentale aujourd'hui», a ajouté le ministre, qui doit s'exprimer dans la journée devant les députés britanniques sur cette affaire.

(AFP)

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