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FootballAffaire du FC Baulmes: peines de prison avec sursis requises

Le procureur a requis des peines de 15 et 20 mois de prison avec sursis à l'encontre de Fabian Salvi, l'ex-président du club, et de son agent fiduciaire.

Fabian Salvi devant le terrain du FC Baulmes.

Fabian Salvi devant le terrain du FC Baulmes.

OLIVIER ALLENSPACH-a

Le Ministère public a requis mardi des peines de 15 et 20 mois de prison avec sursis à l'encontre de l'ex-président du FC Baulmes, Fabian Salvi, et de son agent fiduciaire. Il estime que les deux hommes se sont rendus coupables d'escroquerie dans le cadre de leur recherche effrénée de fonds pour sauver le club. Verdict lundi.

L'affaire implique «à la base une bande de copains, mais des copains qui sont prêts à se jeter des peaux de banane sous les pieds», a expliqué le procureur Nicolas Cruchet devant le Tribunal correctionnel de Lausanne. Ni l'enquête, ni l'audience n'ont permis de clarifier certains éléments du dossier.

Fabian Salvi, «un passionné de foot un brin mégalomane», avait fait construire «un stade pharaonique» dans un petit village du Nord vaudois, a rappelé le Parquet. Mais les fonds promis pour payer ce stade de 3,8 millions de francs ne sont jamais arrivés.

En «quête permanente de manne financière pour sauver le club», Fabian Salvi n'a «pas hésité à utiliser de faux documents» prétendument émanant de l'Etat de Vaud pour obtenir un prêt de 234'000 francs d'un investisseur turc domicilié en Allemagne. Il a même présenté ces documents falsifiés devant un notaire.

Opportuniste

Il s'est montré «opportuniste et a fait fi de tout sens des responsabilités». Son comportement est «clairement constitutif» d'une escroquerie, d'un faux dans les titres et d'une obtention frauduleuse d'une constatation fausse, a estimé le Parquet.

A sa décharge, le procureur a retenu qu'il s'était montré relativement collaborant au cours de l'enquête et plus fiable que les autres protagonistes du dossier qui tentaient de rejeter la responsabilité sur autrui. Il a requis 15 mois de prison avec un sursis de 4 ans et une créance compensatrice de 20'000 francs, compte tenu de la situation financière «précaire» de l'accusé.

Gloire et déchéance

Son avocat, Me Alec Reymond, est revenu sur le parcours de ce tifoso «obnubilé par le foot, qui va de la gloire à la déchéance». Il a rappelé qu'il avait emmené le FC Baulmes, petit Poucet du football suisse, en Challenge League en 2004. Pour ce club, il s'est «saigné aux quatre veines au point d'être aujourd'hui ruiné».

Cette affaire laisse un goût d'amertume, a-t-il ajouté, car «ceux qui se sont battus paient aujourd'hui alors que tous les profiteurs ricanent dans leur dos». Il a demandé au tribunal de prononcer une peine pécuniaire, contestant l'accusation d'escroquerie. «Il faut rendre la justice qui encourage, pas celle qui accable».

Servi en premier

Contre le second accusé, le procureur a requis une peine légèrement plus élevée, à savoir 20 mois de prison avec sursis de quatre ans. Cet agent fiduciaire s'était fait remettre - astucieusement, selon le Parquet - un prêt de 500'000 francs pour le club, en prélevant la moitié au passage.

«Il s'est servi en premier, en profitant pour se rembourser 250'000 francs», a dit le procureur qui retient l'abus de confiance, l'escroquerie et l'obtention frauduleuse d'une constation fausse. Son avocate, Me Sandrine Osojnak, s'est employée à démontrer que son client n'est pas un escroc et qu'il n'y a pas eu de tromperie astucieuse. Le verdict tombera lundi.

(ats)

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