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Uni de ZurichAffaire Mörgeli: doctorants «pas assez encadrés»

Un rapport d'experts internationaux conclut que le conseiller national Christoph Mörgeli (UDC/ZH), chargé d'enseignement à l'Université de Zurich, n'a pas assez encadré ses doctorants.

Christoph Mörgeli (UDC/ZH) lors d'une intervention à la tribune du Conseil national.

Christoph Mörgeli (UDC/ZH) lors d'une intervention à la tribune du Conseil national.

Keystone

Le conseiller national Christoph Mörgeli (UDC/ZH) n'a pas assez encadré ses doctorants à l'Université de Zurich. C'est la conclusion d'un rapport réalisé par trois experts internationaux sur des thèses en histoire de la médecine réalisées dans les années 2002 à 2012.

Une grande partie des travaux de doctorat examinés sont «insuffisants» et répondent à peine aux standards scientifiques, a indiqué mardi l'Université de Zurich. La cause, selon les experts, est un manque d'encadrement des doctorants de la part du professeur d'un point de vue scientifique et méthodologique.

Ces thèses insuffisantes ont pour la plupart été réalisées sous la direction des professeurs Beat Rüttiman et Christoph Mörgeli. Selon les experts, certains de ces travaux sont de simples transcriptions peu, voire pas du tout commentées. Parmi l'ensemble des travaux examinés figurent aussi des textes de haute qualité, constatent les experts.

Doutes

L'expertise a été réalisée à la demande de la direction de l'Université de Zurich, car, au printemps 2013, des médias ont émis des doutes sur la qualité des thèses en histoire de la médecine. Trois experts indépendants ont eu pour tâche d'analyser la qualité de ces travaux.

Les experts ont pris au hasard 39 travaux dont l'auteur et le professeur responsable ont été anonymisés. Ces doctorats ont été décernés entre 2002 et 2012. Durant cette période, au total 64 thèses en histoire de la médecine ont été remises. Les travaux ont été examinés selon dix critères et notés par des points.

L'Université ne donne pas détail supplémentaire sur le rapport. Les auteurs des travaux jugés insuffisants par les experts gardent leur titre. Il n'y a pas de conséquence pour les auteurs, souligne l'université.

Exigences plus élevées

Depuis décembre 2011, les travaux scientifiques doivent répondre à des exigences plus élevées, a encore indiqué la direction de l'université. Les responsabilités du professeur chargé d'encadrer les doctorants ont été précisées.

Afin de mieux assurer la qualité des thèses, une procédure en trois étapes a été mise en place. La direction de l'université a demandé à la faculté de médecine d'examiner si d'autres améliorations sont nécessaires.

Mörgeli conteste

Dans un communiqué diffusé mardi, Christoph Mörgeli conteste avoir dirigé une seule thèse qui n'ait été composée uniquement de transcriptions d'anciens textes dénuées de commentaires. La Faculté de médecine avait en outre qualifié les travaux pris sous la loupe de suffisants au moins, rappelle le professeur.

Le politicien s'en prend en outre à sa collègue du Conseil national Kathy Ricklin (PDC/ZH). Membre du conseil de l'Université de Zurich, la démocrate-chrétienne a, selon lui, informé jeudi dernier des journalistes au Palais fédéral sur la publication prochaine d'un communiqué de l'Université attribuant de mauvaises notes à Christoph Mörgeli sur son encadrement des doctorants.

Licenciement

Christoph Mörgeli a été licencié avec effet immédiat à fin septembre 2012 de son poste de conservateur du Musée de l'histoire de la médecine de l'Université de Zurich. Il se dit victime d'un complot politique et a fait recours contre son licenciement.

Il a accusé de «mobbing» son supérieur Flurin Condrau, entré en fonction en 2011. Flurin Condrau a été déchargé de son mandat de directeur de l'Institut d'histoire de la médecine à sa propre demande en novembre 2012 en raison du conflit avec Christoph Mörgeli.

Une enquête pénale est par ailleurs en cours contre deux collaborateurs de l'Institut d'histoire de la médecine. Ils sont soupçonnés d'avoir transmis au Tages-Anzeiger une copie du rapport confidentiel sur la collection du Musée d'histoire de la médecine.

L'Université de Zurich a aussi déposé plainte contre le conseiller national pour violation du secret de fonction. Elle lui reproche d'avoir révélé aux médias les noms des auteurs de ce rapport confidentiel au contenu peu flatteur.

(ats)

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